Nantes : Que vont devenir les déchets et gravats du chantier de démolition du MIN ?

RECYCLAGE Le chantier de démolition du Marché d’intérêt national a commencé en avril

David Phelippeau

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Le chantier de démolition de l'ancien MIN.
Le chantier de démolition de l'ancien MIN. — D.P. / 20 minutes
  • Sur l’île de Nantes, le chantier de démolition de l’ancien MIN (marché d’intérêt national) dure depuis plusieurs mois déjà.
  • Ce chantier de démolition d’envergure est guidé par une volonté de recyclage et de réemploi des déchets et gravats.

Depuis le mois d’avril, l’ancien Marché d’intérêt national (MIN), sur l’île de Nantes, est en cours de démolition. Les automobilistes, franchissant le pont des Trois Continents, remarquent les pelleteuses qui poursuivent chaque jour le grignotage des bâtiments. Ce chantier, conduit par la Samoa, la société d’aménagement de la métropole Ouest Atlantique, pour le compte de Nantes Métropole, est unique par sa taille : 200.000 m2, soit 20 hectares, dont 60.000 m2 de bâti.

Une question se pose : que fait-on des gravats et déchets, inhérents au chantier de démolition ? « Sur Nantes Métropole, le BTP [secteur des bâtiments et travaux publics] doit faire sa révolution, estime Mahel Coppey, vice-présidente de Nantes Métropole, chargée de l’économie sociale et solidaire, et l’économie circulaire. Aujourd’hui, ce sont 200 millions de tonnes de déchets produits chaque année, c’est huit fois plus que les ménages à Nantes. Il est temps de faire autrement. On avait commencé à Mellinet [projet immobilier], on continue sur ce chantier du MIN. 95 % des déchets d’ici ont trouvé une filière de réemploi, de recyclage. C’est possible de faire autrement et c’est nécessaire pour la transition écologique. »

Une économie d’un million d’euros

Quelques chiffres qui permettent de mieux comprendre cette volonté d’économie circulaire. 86 % des déchets de la démolition sont réutilisés sur place pour la transformation du MIN (béton concassé pour remblais et sous-couche de voirie). 9 % des déchets sont recyclés dans des filières spécifiques (carton, bois, ferraille, plastiques…) et les 5 % restant sont des déchets dits « ultimes » traités dans des centres de gestion spécialisés (matériaux souillés, amiante, solvants etc.).

Ce recyclage permet évidemment de faire des économies financières. « Sur la totalité des deux chantiers de démolition et de création de voirie, on économise un million d’euros, annonce Lena Cloarec, responsable du chantier de démolition du MIN pour la Samoa. Par ailleurs, pendant deux ans, on n’évacue pas les déchets et on n’a pas d’apport extérieur de matériaux, ça évite 6.000 rotations de camions sur les routes, la transformation des matériaux se faisant sur le site. »

Le chantier se poursuit jusqu’en juin 2020. Une vingtaine d’hectares sera alors libérée. Une partie sera occupée par le futur CHU. Le reste étant voué à accueillir de nouveaux logements. Le nouveau MIN a déménagé porte de Rezé.

Le Marché d'intérêt national continue à vivre 

En parallèle à ces travaux de démolition, des activités transitoires occupent les halles encore debout. Il y a une ferme urbaine (l'Agronaute), qui a ouvert début septembre, un pôle artistique et de productions culturelles sur 1.500 m2 et des occupations temporaires pour favoriser l'émergence de projets innovants.