Nantes : Les riverains de l’aéroport veulent continuer de croire au transfert

AEROPORT Plus de 700 personnes ont manifesté ce dimanche en faveur du déménagement de l’aéroport hors de la métropole nantaise

Frédéric Brenon

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Manifestation pour le transfert de l'aéroport Nantes-Atlantique hors de la métropole nantaise.
Manifestation pour le transfert de l'aéroport Nantes-Atlantique hors de la métropole nantaise. — F.Brenon/20Minutes
  • L’aéroport Nantes-Atlantique fait face à un trafic en forte hausse.
  • Les riverains sont excédés par les nuisances sonores aériennes.
  • Dans l’attente d’une décision de l’Etat quant au réaménagement, ils considèrent que le transfert reste la meilleure solution.

« Transfert, transfert, transfert ». Le même mot hurlé à plein poumons comme un « cri d’alarme ». Plus de 700 personnes ont manifesté ce dimanche après-midi dans la zone aéroportuaire Nantes-Atlantique pour dénoncer les nuisances sonores dues au survol à basse altitude par les avions. La plupart étaient des riverains de la plateforme, venus de Bouguenais, Saint-Aignan-de-Grandlieu, Rezé, Bouaye ou Pont-Saint-Martin.

Ils racontent un « trafic devenu insupportable », leur « sommeil perturbé », des « écoliers obligés de s’arrêter parler en classe quand passe un avion », des « invités qui ne viennent plus en raison du bruit », ou encore « la peur de l’accident ». Tous réclament un « déménagement de l’aéroport hors de la métropole nantaise ». Un scénario auquel beaucoup (pas tous) croient encore malgré le fait que l’Etat a répété à plusieurs reprises ces derniers mois qu’il n'était « pas crédible ».

« C'est la seule solution »

« Notre-Dame-des-Landes, on n’y croit plus, on doit tourner la page, confie Mickaël, habitant rezéen. Mais ça n’empêche pas d’envisager un transfert ailleurs. C’est la seule solution pour limiter les nuisances. » « On voit bien aujourd’hui que toutes les prévisions de trafic ont été dépassées et que, dans ces conditions, un aéroport si proche du centre-ville, c’est une catastrophe. Il faut le transférer, c’est la seule alternative », insiste Valérie, habitante de Bouguenais.

Si les riverains y croient encore, c’est aussi parce que la commission nationale du débat public (CNDP) a recommandé fin août, à la suite de la concertation publique sur l'avenir de Nantes-Atlantique, que les « propositions de sites pour un transfert au nord-est de Nantes soient étudiées ».

Près d’Ancenis ou de Châteaubriant ?

« C’est juste du bon sens, abonde Joël Sauvaget, président du collectif Coceta. Des élus locaux et des professionnels du secteur de Châteaubriant et, surtout, d’Ancenis, nous ont confié qu’ils étaient intéressés pour recevoir l’aéroport sur leur territoire. Il faut maintenant en discuter sereinement avec le monde agricole. Il faudra probablement réquisitionner des terres mais le départ de l’aéroport permettra de densifier la métropole et donc d’éviter d’artificialiser d’autres terres ailleurs. »

L’Etat, de son côté, étudie d’autres options (allongement de la piste au sud, piste en V, piste transversale). Mais aucune n’a fait consensus lors des deux mois de concertation publique. « Elles n’auront aucun effet sur les nuisances ou déplaceront le problème sur d’autres populations voisines, critique Joël Sauvaget. Si le transfert n’est pas acté, on fera tout pour empêcher les travaux d’aménagement. Tout le monde doit prendre ses responsabilités, y compris les grands élus locaux qui évitent soigneusement de prendre position. »

L’Etat s’est engagé à faire connaître avant fin octobre sa décision concernant le réaménagement de Nantes-Atlantique.

Les records de trafic tombent

Après s’être accru de 15 % en 2017 et de 13 % en 2018, le trafic commercial de passagers de l’aéroport de Nantes a continué de progresser très fortement en 2019. À la fin du mois d’août, sa fréquentation cumulée sur un an s’est élevée à 6,9 millions de voyageurs (+ 17 % par rapport aux douze mois précédents), indique la Dreal des Pays de la Loire. L’aéroport a enregistré au cours de l’été trois records mensuels consécutifs de fréquentation, frôlant notamment en août la barre des 800.000 voyageurs.