Nantes : L’Etat assigné en justice pour la mise à l’abri des migrants de Saint-Herblain

IMMIGRATION Le Secours catholique et la Cimade assignent le préfet de Loire-Atlantique devant le tribunal administratif

F.B avec J.U.

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Plus de 500 migrants vivent dans des conditions extrêmement précaires au sein du gymnase Jeanne-Bernard à Saint-Herblain.
Plus de 500 migrants vivent dans des conditions extrêmement précaires au sein du gymnase Jeanne-Bernard à Saint-Herblain. — L.Venance/AFP

Près d’un an après l'installation d'un squat pour ressortissants étrangers en exil dans le gymnase de l’ancien lycée Jeanne-Bernard, à Saint-Herblain, l’Etat se trouve attaqué en justice. Deux associations humanitaires, la Cimade et le Secours catholique, ont saisi le tribunal administratif en vue d’obtenir du préfet de Loire-Atlantique « l’évacuation du gymnase » et la « mise à l’abri immédiate des migrants », lesquels seraient entre 600 et 800 à vivre à l’intérieur et à l’extérieur de la salle de sport désaffectée. L’audience a eu lieu ce mardi à 14h30 à Nantes.

Le préfet refuse d’exécuter la décision de justice

Le jugement doit être rendu «en début de semaine prochaine», a indiqué le Secours catholique, à l'issue de l'audience. «Nos avocats sont intervenus pour défendre le droit à la dignité, celui de toutes les personnes d'avoir un logement et accès à la santé, indique Hervé Bonamy, président départemental du Secours catholique. Le représentant de la préfecture a répété qu'il n'y avait pas de solution d'hébergement. Cette position, de dire que la situation n'est pas si urgente que cela, est dure à entendre.»

L’évacuation du gymnase a déjà été autorisée en mars par la justice, en l’occurrence le tribunal d’instance de Nantes. Ce dernier avait été sollicité par le diocèse de Loire-Atlantique, propriétaire du gymnase. Mais la préfecture n’a pas voulu exécuter la décision de justice, considérant que les migrants sont trop nombreux pour être pris en charge. Depuis, rien n’a bougé. Et le gymnase est encore plus surpeuplé.