« Faire réfléchir chacun à sa consommation »

Recueilli par Guillaume Frouin - ©2008 20 minutes
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Michel Vilbois

Directeur de cabinet du préfet de Loire-Atlantique.

L'arrêté préfectoral qui réglementait la vente d'alcool a été retoqué deux fois par la justice administrative. Où en est la rédaction du nouveau texte ?

Une ultime réunion avec les professionnels est prévue le 16 octobre. Le nouvel arrêté devrait suivre dans la foulée. Actuellement, on le borde juridiquement, pour que la mésaventure ne se reproduise pas.

Qu'avez-vous pensé, au final, de la décision du tribunal administratif ?

Le tribunal a une vision plus juridique que sociétale du problème. On a pris un but, mais on va égaliser. L'essentiel était de sauver l'esprit du « plan alcool ».

Que change le nouvel arrêté ?

On abandonne la distinction entre zones urbaines et rurales, et les horaires de fermeture ne sont plus soumis à dérogation. Désormais, on est dans le régime général du 2-4-7 : 2 h pour les cafés, 4 h pour les bars musicaux et 7 h pour les discothèques. Seule exception : les cafés de la côte pourront fermer à 3 h en haute saison.

Quid de la prévention ?

Une charte de bonne conduite va être élaborée avec les discothèques. Leurs clients pourront être raccompagnés à domicile - par taxi, mini-bus, etc. -, et des actions de prévention seront menées à l'intérieur des établissements. Une « coopération pacifiée » avec les services de police sera aussi mise en oeuvre.

Les grandes surfaces étaient aussi pointées du doigt par les cafetiers...

Des brochures seront distribuées en fin d'après-midi, sur les parkings et dans les galeries marchandes, aux jeunes qui viennent acheter massivement de l'alcool. Le but : les faire réfléchir à leur consommation. Par effet miroir, nous espérons aussi toucher les vendeurs.

Quelle est la philosophie de ce nouvel arrêté ?

Nous ne tenons pas de discours moralisateur. On veux simplement responsabiliser chacun des maillons de la chaîne dans la lutte contre l'hyperalcoolisation. Nous ne sommes pas dans une logique de prohibition : si dans trois mois, les mêmes jeunes ressortent de la même grande surface avec moitié moins de packs de bière, on aura déjà gagné une partie de notre pari.

Entre le premier et le second arrêté, en quoi votre approche a-t-elle changé ?

Il fallait sortir du combat de boxe entre la préfecture et les syndicats de cafetiers. Nous sommes donc plus ouverts aux suggestions des professionnels qu'avant. On a vu que la réglementation n'était qu'un aspect du problème, on a donc élargi l'angle du dispositif.