Cancers pédiatriques: L'école de Sainte-Pazanne va rester ouverte à la rentrée

SANTE Une série d'analyses ont été effectuées cet été, alors que 17 cancers ont été répertoriés entre 2015 et 2019

20 Minutes avec AFP

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La commune de Sainte-Pazanne se trouve au sud de Nantes.
La commune de Sainte-Pazanne se trouve au sud de Nantes. — F.Brenon/20Minutes

Il n’y a pas de risque justifiant de fermer l’établissement. L’école privée de Sainte-Pazanne (Loire-Atlantique), où des parents ont alerté les autorités sur une série de cancers pédiatriques, ouvrira normalement à la rentrée après une série d’analyses durant l’été. L’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire l’a annoncé à l’issue d’une réunion, jeudi.

« Il n’y a pas de risques qui dépassent les valeurs de références en l’état des connaissances actuelles », a garanti Nicolas Durand, directeur général adjoint de l’ARS Pays de la Loire. « On a mesuré des concentrations de radon (un gaz radioactif d’origine naturelle) importantes », a-t-il toutefois constaté. Et après les plus de 150 mesures et prélèvements réalisés durant l’été, « la recommandation qui a été faite, c’est de prendre immédiatement des mesures simples d’aération systématique des salles de classe », a expliqué le responsable Durand.

« Des bombes dans le corps de nos enfants »

Il s’agissait de la troisième réunion d’un comité de suivi qui se penche sur des cas de cancers pédiatriques à Sainte-Pazanne, une commune de 6.500 habitants près de Nantes. Le collectif « Stop aux cancers de nos enfants » dénombre 17 cas entre 2015 et 2019 à Sainte-Pazanne et dans les environs. Trois enfants sont décédés.

« On est en train de créer des bombes dans le corps de nos enfants. C’est certainement ce qu’il se passe ici et c’est certainement ce qu’il se passe ailleurs. Moi, il n’est pas question que mon fils rechute, il n’est pas question que ses petits camarades tombent malades encore », a poursuivi Marie Thibaud, membre du collectif, pour laquelle cette série de cancers pédiatriques est le résultat d’un « cocktail » de facteurs qui restent à analyser et à mettre en corrélation.

Enquête épidémiologique en cours

« On voit bien qu’il y a eu un travail de fait, beaucoup d’analyses de faites, mais honnêtement, je m’attendais à ces résultats-là, je me doutais bien qu’il n’y avait pas un danger imminent dans l’école », a réagi Johann Pailloux, un autre membre du collectif. Ces études menées, « ça ne suffit pas », a-t-il dit, estimant nécessaire d’aller plus loin dans les recherches.

Outre les analyses environnementales, l’ARS a saisi Santé publique France pour mener une enquête épidémiologique avec des questionnaires d’une cinquantaine de pages pour identifier auprès des familles des éléments communs aux enfants malades.

Habitations, habitudes des parents, des enfants, de la mère pendant la grossesse : des données ont déjà été recueillies auprès de onze familles, mais pas encore analysées. Ce sera chose faite le mois prochain et « nous aurons plus de réponses à apporter aux familles et à la population en octobre », a assuré Lisa King, responsable de l’équipe régionale de Santé publique France en Pays de la Loire.