Loire-Atlantique: Le niveau de la Loire a rarement été aussi faible depuis 150 ans

SECHERESSE Le débit de la Loire n’a jamais été aussi bas, à l’exception des années 1870 et 1949, indique l’Etat

Frédéric Brenon

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La Loire à Nantes, au niveau du pont Haudaudine, le 22 juillet 2019.
La Loire à Nantes, au niveau du pont Haudaudine, le 22 juillet 2019. — F.Brenon/20Minutes
  • Près de son embouchure, la Loire affiche actuellement un niveau anormalement bas, en raison d’un déficit de pluie et de températures élevées.
  • Pour autant, il n’y a « pas d’inquiétude » à avoir concernant la captation d’eau potable, assurent les autorités.
  • Les professionnels, les collectivités et les particuliers sont soumis à des restrictions drastiques.

 

A Nantes, où le mouvement des marées se fait sentir, la situation du fleuve ne semble pas encore spectaculaire. Mais la réalité est pourtant là : à mesure qu’elle se rapproche de son embouchure, la Loire affiche un niveau anormalement bas. Son débit actuel en Loire-Atlantique est même le plus faible enregistré depuis 1976, annoncent les services de l’Etat. « Depuis 150 ans, à date comparable, seules les années 1870 et 1949 ont affiché un niveau plus faible qu’aujourd’hui », confirme Annick Bonneville, directrice régionale de la Dreal des Pays-de-la-Loire.

Un résultat qui s’explique par un important déficit de pluie associé à des températures élevées. La situation pourrait encore s’aggraver puisque les prévisions météorologiques ne « prévoient pas d’amélioration dans les prochains jours » et parce que « les étiages les plus faibles s’observent généralement fin août ».

Pas d’inquiétude sur l’eau potable

Pour autant, il n’y a, pour le moment, « pas d’inquiétude à avoir sur la captation en eau potable », tiennent à rassurer les services de l’Etat. Trois usines d’eau potable puisent dans la Loire pour alimenter la Loire-Atlantique. « Les pompes se trouvent à des profondeurs suffisantes », assure-t-on à la DDTM de Loire-Atlantique, qui explique suivre la situation avec « attention ».

Comme 25 autres départements français, la Loire-Atlantique est classée en niveau sécheresse dit de « crise ». Une situation qui concerne la majeure partie de son territoire (bassins-versants de la Logne-Boulogne, de la Brière-Brivet, de la Sèvre et des côtiers bretons), à l’exception de la partie centrale classée en niveau « alerte ».

Amendes en cas de non-respect des restrictions

Des mesures de restrictions d’eau importantes ont été décidées pour les professionnels, les collectivités et les particuliers. Arroser son jardin est interdit, de même que remplir sa piscine, laver des véhicules, mettre en eau des fontaines dépourvues de circuit fermé, ou encore activer des douches de plage, par exemple. En fait, seuls les prélèvements permettant d’assurer l’exercice des usages prioritaires sont autorisés (santé, sécurité civile, eau potable, salubrité).

Des contrôles seront effectués par les agents de la police de l'environnement. Les services de gendarmerie et de police pourront également relever des infractions, précise la préfecture. Pour les contrevenants, il en coûtera de 1.500 à 3000 euros d’amende.