Aéroport de Nantes: Audience ce jeudi au Conseil d'Etat contre la concertation publique

AEROPORT Le Coceta, collectif de riverains, juge la concertation inadaptée et réclame un débat public

20 Minutes avec AFP

— 

L'une des entrées de l'aéroport Nantes-Atlantique.
L'une des entrées de l'aéroport Nantes-Atlantique. — L.Venance/AFP

La concertation publique sur le réaménagement de l’aéroport Nantes Atlantique, prévue jusqu’au 31 juillet, sera au cœur d’une audience ce jeudi devant le Conseil d’État, a-t-on appris auprès du Collectif des citoyens exposés au trafic aérien (Coceta). Le Coceta, farouchement opposé au maintien de l’aéroport de Nantes sur le site actuel, avait engagé une procédure fin mai pour tenter de suspendre la concertation, qui avait reçu le feu vert de la Commission nationale du débat public. Celle-ci avait toutefois démarré comme prévu le 27 mai.

« Le périmètre est trop restreint, c’est fait dans la précipitation », a-t-il regretté, précisant que les résultats des études d’impact environnemental et sanitaire n’étaient encore connus. « On nous demande à nous de nous positionner sur un pseudo-réaménagement de Nantes-Atlantique sans connaître toutes les conditions. On met la charrue avant les bœufs », a-t-il ajouté.

Pour un « véritable débat public »

Géré par Vinci, l’aéroport fait face à un développement exponentiel : le trafic aérien a progressé d'environ 13% en 2018, dépassant le seuil des six millions de passagers, selon Nantes-Atlantique. La concertation, réservée aux 26 communes de l’agglomération nantaise, porte sur cinq scénarios de réaménagement : création d’une nouvelle piste, changements d’orientation, allongement… Mais aucun ne mentionne le transfert, devenu tabou depuis l’abandon par l’État du projet de Notre-Dame-des-Landes en janvier 2018.

« L’explosion du trafic avec quinze millions de passagers en vue, 80.000 habitants survolés et un aéroport enclavé, mérite un véritable débat public et non pas une organisation précipitée avant l’été », avait déclaré le Coceta dans un communiqué le 21 juin. Ce chantier est estimé entre 470 et 990 millions d’euros en fonction des options retenues, selon la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), maître d’ouvrage du projet.

Par ailleurs le  nouveau plan de gêne sonore, dispositif financier dédié à l’insonorisation des logements sous les avions, est entré en vigueur le 1er juillet. Il fait partie des mesures compensatoires négociées entre les collectivités et l’État après l’abandon de NDDL, mais reste une solution de pis-aller selon de nombreux riverains.