Nantes: Les écrans publicitaires cibles des critiques, JCDecaux se défend

PUBLICITE Les récents panneaux vidéo déployés par JCDecaux sont jugés trop envahissants et trop gourmands par certains habitants. L’afficheur défend leur utilité

Frédéric Brenon

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Un écran digital JCDecaux sur un abribus, sur l'île de Nantes.
Un écran digital JCDecaux sur un abribus, sur l'île de Nantes. — F.Brenon/20Minutes
  • Une quarantaine de panneaux digitaux sont installés depuis quelques mois dans la métropole nantaise. Soixante sont prévus à terme.
  • Ils suscitent la controverse, notamment en raison de leur consommation énergétique.
  • L'afficheur JCDecaux expliquent qu'ils offrent des services à la métropole et permettent à la collectivité de percevoir des recettes.

Ils ne sont pas plus d’une quarantaine mais ils agacent pas mal de gens. Les nouveaux panneaux digitaux déployés ces derniers mois à Nantes par l’afficheur JCDecaux suscitent de plus en plus de critiques. Leurs ennemis reprochent à ces écrans vidéo, installés ces derniers mois sur des abribus ou supports urbains, d’être trop visibles et trop gourmands en énergie.

« C’est une absurdité écologique, s’insurge Luc, membre du collectif nantais Résistance à l’agression publicitaire (RAP). Un seul écran serait l’équivalent de la consommation électrique d’un foyer de 4 personnes. Un gouffre ! En plus, ils sont hyper agressifs car hyper lumineux. Nos yeux, notre cerveau, ne peuvent pas y échapper. C’est symptomatique des excès de la publicité dans nos villes. » Le collectif y voit aussi du danger pour les usagers de la route. « Lorsqu’ils sont à des carrefours, ils détournent l’attention des conducteurs, surtout de nuit », craint Luc.

« Pollution lumineuse sans précédent »

Si le déploiement, à terme, d’une soixantaine d’écrans digitaux a été approuvé par Nantes métropole, certains élus expriment aussi leur mécontentement. « Ces panneaux créent une pollution lumineuse sans précédent et ressemblent à une marque de mépris envers les citoyens qui font leur part pour le climat : à quoi bon faire des efforts chez soi si la collectivité ne se sent pas elle-même concernée par la nécessité d’agir en toute exemplarité ? », interpellent les élus écologistes.

Du côté de JCDecaux, on juge la grogne « injuste ». D’autant plus qu’elle ne se traduit pas que par des mots. « Depuis six mois environ, on voit se développer des tags, des inscriptions, des enrubannages. Un élu y a même participé. Il y a un climat qui s’est dégradé et on ne pensait pas que ça prendrait de telles proportions. C’est lassant et pénalisant pour nos équipes. Elles ont l’impression de ne pas être aimées alors qu’elles font juste leur boulot », raconte Amaury Cardon, directeur régional de JCDecaux.

Des recettes et de l’information pour la métropole

Sur le volet écologique, l’entreprise affirme que ses écrans LCD consomment « moins que ce que leurs détracteurs prétendent »: 6.322 kwh/an en moyenne. « Ils s’adaptent à l’environnement lumineux extérieur, disposent d’une vitre anti-reflet. Leurs composants sont recyclables et leur consommation est entièrement compensée par des certificats d’énergie verte ».

Amaury Cardon rappelle aussi que les écrans diffusent, en plus de la publicité, de l’information institutionnelle et servicielle « hyper ciblée » au bénéfice de la collectivité. Que les recettes publicitaires permettent d’entretenir le mobilier urbain et qu’une part est « directement reversée à la métropole ». Il estime, en outre, que les fameux écrans, éteints entre 1h et 6h, rassurent certains habitants en émettant « une présence lumineuse ». « Je ne suis pas convaincu par ces arguments », réagit Luc du collectif RAP. « L’époque a changé. Il est temps que Nantes métropole ouvre les yeux », ajoute-il.