Disparition de Steve à Nantes: «Les conditions pour intervenir n'étaient pas réunies», estime un syndicat de police

FETE DE LA MUSIQUE Un jeune homme est porté disparu depuis une soirée techno à l’issue de laquelle des échauffourées ont éclaté avec la police

Frédéric Brenon

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Des pompiers effectuent des recherches quai Wilson à Nantes, après la disparition d'un jeune homme.
Des pompiers effectuent des recherches quai Wilson à Nantes, après la disparition d'un jeune homme. — S.Salom-Gomis/AFP
  • Steve, 24 ans, n’a plus donné de nouvelles à ses proches depuis la nuit de vendredi à samedi.
  • Il pourrait être tombé dans la Loire alors qu’il participait à une soirée techno.
  • L’intervention policière, à l’issue de la soirée, suscite la controverse.

Un jeune homme de 24 ans, nommé Steve Maia Caniço, est toujours porté disparu depuis sa participation à une soirée techno dans la nuit de vendredi à samedi, quai Wilson, sur l’île de Nantes, dans le cadre de la fête de la musique. Ses amis disent avoir perdu sa trace vers 4h30, au moment d’une intervention policière émaillée d’incidents.

Des projectiles ont été lancés sur les forces de l’ordre. Du gaz lacrymogène, des lanceurs de balles de défense et des grenades de désencerclement ont été employés en retour. Plusieurs personnes ont dû être secourues par les pompiers alors qu’elles étaient tombées dans la Loire. Fallait-il intervenir de la sorte si près du fleuve ? L’IGPN, la police des polices, a ouvert une enquête.

« Réponse proportionnée aux attaques »

Pour le syndicat de police Alliance, l’intervention a été « menée de manière proportionnée en réponse aux jets de projectiles ». « La mission était de faire appliquer l’interdiction de diffuser du son après 4h30, pas d’évacuer les lieux. Mais à partir du moment où nous sommes attaqués, il est normal de répondre et de tenter de neutraliser les agresseurs. La force doit rester à la loi. Cinq policiers ont été blessés par des jets de pierres et de bouteilles », réagit Arnaud Bernard, secrétaire départemental d’Alliance.

Selon lui, l’enquête de l’IGPN permettra de « faire la lumière sur ce qui s’est passé ». Arnaud Bernard regrette que les forces de l’ordre soient « systématiquement pointées du doigt ». « Après chaque manifestation, c’était pareil. Ce ne sont pourtant pas les policiers qui lancent des projectiles », ajoute-il.

« Le chef de service a manqué de discernement »

Le syndicat Unité SGP-FO ne fait pas la même lecture de la situation. Pour son secrétaire régional, Philippe Boussion, les « conditions pour intervenir n’étaient pas réunies ». « Le chef de service a clairement manqué de discernement ce soir-là. Les policiers étaient face à des individus nettement plus nombreux et, pour beaucoup, alcoolisés. Ça ne pouvait que mal se passer. Le chef de service aurait également dû prendre en compte la proximité de la Loire et la présence d’un quai sans garde-corps. »

Le syndicaliste s’interroge également sur la finalité de l’intervention. « Certes, quelques-uns refusaient d’éteindre la musique. Mais il faut aussi relativiser. Il n’y avait pas de menace imminente, pas de voisinage, pas de logements à proximité. » Il espère que l’IGPN « fera son travail » et qu’elle « pointera aussi la responsabilité du donneur d’ordre ». « On a fait prendre un risque aux policiers alors qu’ils ne faisaient qu’obéir aux ordres », considère-t-il.

Les deux syndicats s’étonnent par ailleurs que la soirée techno de la fête de la musique est tolérée chaque année par les autorités sur un « lieu si proche du fleuve, sans protection ». Le quai Wilson, où s'est déroulée la soirée, n'était pas inclus dans le périmètre de l'arrêté municipal qui prévoyait des mesures de sécurité spécifiques à la Fête de la musique