Nantes: Deux monstres de la boxe thaï s'invitent au Ring nantais tout un week-end

SPORT DE COMBAT Le club nantais accueillait deux stars de la discipline tout le week-end

David Phelippeau

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Max Guillet (maillot noir), un Nantais vice-champion de France moins de 71 kg, sous les yeux du maître  Pud Pad Noy. Lancer le diaporama
Max Guillet (maillot noir), un Nantais vice-champion de France moins de 71 kg, sous les yeux du maître Pud Pad Noy. — Jean philippe Lemaire/ Ring Nantais
  • Pud Pad Noy et Guillaume Kerner, deux légendes de la boxe thaï, ont réalisé un stage tout le week-end à la salle Coidelle dans le centre de Nantes.
  • Une opportunité étonnante pour les adhérents du club du Ring nantais de progresser et de peaufiner certaines techniques.

Un peu comme si un tennisman travaillait ses volées au filet et ses passings de revers avec les recommandations d’Edberg et de Federer. Tout le week-end, la salle Coidelle en plein centre de Nantes a été le théâtre d’un grand événement à l’échelle de la boxe thaï (sport de combat parmi les boxes pieds poings) et pour le Ring nantais, club de la ville. Deux sommités de la discipline – le maître Pud Pad Noy et l’élève Guillaume Kerner – ont animé des séances d’entraînement.

Dimanche matin, ils étaient plusieurs dizaines de combattants rassemblés sur les tapis. Les yeux écarquillés, les oreilles grandes ouvertes, les bras et les jambes prêts à se déplier. « N’hésitez pas à crier… Le talon bien tendu quand vous montez la jambe… » Guillaume Kerner, champions du monde, d’Europe et de France, donne ses consignes, sous l’œil attentif du silencieux maître Pud Pad Noy. Il accompagne souvent ses paroles de gestes. Très précis et souvent au ralenti pour mieux faire passer ses messages. « On invite à extérioriser à travers des cris, de mettre de la vie dans chaque mouvement, explique le coach. On habite l’instant, le présent. Avec comme objectifs : réussir le geste et atteindre la cible. »

Ils ont répété des gestes que Pud Pad Noy a lui même inventés

Dans la salle, beaucoup de jeunes enfants, mais surtout beaucoup de femmes. Le muay-thaï, autre nom de la boxe-thaï, à Nantes comme partout en France est une discipline en vogue (et pourtant non olympique) qui a su ces dernières années séduire ces dames. « On a 50 % de femmes au Ring Nantais, ce n’était absolument pas le cas il y a 3 ou 4 ans », explique Adrien, entraîneur nantais. La boxe-thaï est escortée d’une image de sport violent. « Mais 5 % seulement des adhérents en France font des combats, précise Adrien. Les 95 % restants font de la boxe thaï un loisirs. » Un peu à l’instar du thaï fit dont l’objectif fixé n’est pas de vaincre sur un ring, mais d’amener progressivement chacun au meilleur de sa forme physique.

Brigitte, 61 ans, pratique le muay-thaï depuis 27 ans. Elle l’enseigne aussi. Ce week-end, c’est pourtant elle qui a écouté et copié. « Peu de clubs peuvent se targuer de recevoir des combattants comme Guillaume Kerner et Pud Pad Noy. C’est tapis rouge quand ils vont quelque part. » Brigitte avoue avoir appris beaucoup « sur la saisie » grâce à des gestes « bien décortiqués, nets et clairs ».

Kelly, 27 ans, et sa maman, Brigitte en pleine action.
Kelly, 27 ans, et sa maman, Brigitte en pleine action. - D.P. / 20 minutes

Quelques minutes après la séance, Morgane, Nantaise de 27 ans, n’en revient toujours pas. « C’est impressionnant d’avoir Pud Pad Noy ici. Il a quand même importé la boxe thaï en France ! » Le petit bonhomme ne paie pourtant pas de mine. Sur le tapis, il se déplace de combattants en combattants. Scrute les faits et gestes de chacun. Place et replace certains. Sourit souvent. « Il fait partie des 10 meilleurs de tous les temps », lance Guillaume Kerner (51 ans) en parlant de son maître. La réputation de Pud Pad Noy était telle qu’il a souvent dû rencontrer des boxeurs beaucoup plus lourds que lui, faute d’adversaire dans sa catégorie… « Il est à l’origine de nombreux gestes, de nombreuses techniques qu’on a testées pendant la séance, poursuit celui qu’on surnomme l'"Ange blond" dans le milieu du muay-thaï. On ne peut donc pas aller plus loin dans l’authenticité. »