Loire-Atlantique: Le département explique pourquoi il ne reviendra pas sur la limitation à 80 km/h

SECURITE ROUTIERE Philippe Grosvalet considère que la réduction de la vitesse constitue un « progrès »

F.B.

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La limitation à 80 km/h est entrée en vigueur le 1er juillet 2018.
La limitation à 80 km/h est entrée en vigueur le 1er juillet 2018. — PASCAL PAVANI / AFP

La réduction de la vitesse maximale autorisée (80 au lieu de 90 km/h) sur les routes à double sens sans séparateur central n’est jamais parvenue à faire l'unanimité. A tel point que le Premier ministre a finalement proposé, le 16 mai, aux présidents des conseils départementaux de relever la vitesse sur leur réseau secondaire, s’ils le souhaitaient. Un amendement des parlementaires a confirmé jeudi cette possibilité. Toutefois, cela ne devrait pas avoir de conséquence en Loire-Atlantique.

Le président du département, Philippe Grosvalet (PS), a, en effet, fait savoir qu’il ne revendrait pas sur la limitation à 80 km/h. Dans un courrier adressé à Edouard Philippe, il explique pourquoi.

« Complètement admises et intégrées »

Le premier argument avancé est celui de la sécurité. « Cette mesure constitue un progrès, justifie-t-il d’emblée. Selon la Sécurité routière, elle aura permis d’épargner 127 vies au cours du seul second semestre 2018. […] 127 drames évités pour un prix somme toute réduit : deux minutes supplémentaires sur un trajet de 25 km, 50 secondes sur un trajet de 11 kilomètres. »

« L’histoire récente nous enseigne que les grandes évolutions de la mortalité routière sont directement liées à des grandes mesures, poursuit l’élu socialiste. Ce sont les premières mesures de limitation de vitesse et de port de la ceinture qui, en 1973 et 1974, ont pour la première fois inversé la courbe de la mortalité routière. Très impopulaires en leur temps, ces mesures sont aujourd’hui complètement admises et intégrées. »

Pas d’accord avec la méthode

L’environnement et les économies budgétaires pour les automobilistes sont, aussi, érigés en arguments par Philippe Grosvalet. « La démonstration a été faite que rouler à 80 km/h plutôt qu’à 90 km/h diminue de 30 % les émissions de polluants et génère une économie de 120 euros par an en moyenne de carburant. »

Le président du conseil départemental égratigne toutefois le Premier ministre en ce qui concerne la méthode. « En janvier 2018 comme ces dernières semaines, l’absence de concertation a été patente. Jamais les départements, pourtant les premiers concernés au vu du nombre de kilomètres cumulés sous leur responsabilité, n’auront été consultés. »