Nantes: Partisans d'un nouveau franchissement de l'Erdre, ils mettent en place leur propre service de navette

INITIATIVE Pendant tout le mois de juin, il est possible de traverser l'Erdre en bateau, entre Gachet et la Chapelle-sur-Erdre

Julie Urbach

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La navette relie les pontons Gachet (Nantes) et La Grimaudière (La Chapelle sur Erdre)
La navette relie les pontons Gachet (Nantes) et La Grimaudière (La Chapelle sur Erdre) — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Un collectif a mis en place une nouvelle navette fluviale entre les ponts de la Jonelière et de Sucé-sur-Erdre, éloignés de plus de 13 km.
  • Objectifs: faciliter les déplacements des centaines de salariés qui doivent chaque jour franchir le fleuve pour aller travailler.
  • Mais aussi convaincre Nantes métropole de rendre cette traversée pérenne.

Elle navigue depuis lundi, et on pourra l’emprunter jusqu’à la fin du mois de juin. Tous les matins et tous les soirs, une nouvelle navette fluviale a fait son apparition sur l’Erdre, entre Gachet à Nantes et la Grimaudière à La Chapelle-sur-Erdre. Objectif : faciliter les déplacements des centaines de salariés qui doivent chaque jour franchir le fleuve pour aller travailler.

« J’habite à 4 km à vol d’oiseau, mais je dois en parcourir 18, témoigne un informaticien du Hub Créatic. Du coup je prends ma voiture, avec régulièrement les bouchons qui vont avec. Cette navette, où l’on peut monter avec son vélo, est vraiment bienvenue. Je mets 15 minutes en tout, soit à peine plus qu’en voiture. Le cadre est vraiment très agréable. »

« Il y a un vrai besoin »

Alors que la question d’un nouveau franchissement de Loire se pose régulièrement, celui de l’Erdre semble également urgent. C’est en tout cas l’avis du collectif Aful Chantrerie, composé d’une vingtaine d’entreprises, de riverains et d’associations, qui plaide pour une nouvelle traversée depuis plusieurs années.

« Les ponts de la Jonelière et de Sucé-sur-Erdre sont espacés de plus de 13 km ! Il y a un vrai besoin pour les piétons et les vélos, assure Bernard Lemoult, coordinateur du projet Franchir l'Erdre. C’est pertinent au vu de la congestion automobile que l’on observe un peu partout. Passerelle, bateau, catapulte… peu importe l’option choisie, il est nécessaire d’avancer sur ce sujet. »

Convaincre la métropole

Du coup, pour prouver la pertinence de leur projet, les membres de ce collectif se sont retroussé les manches. Au vu des contraintes et du coût, impossible pour eux de construire un pont. Mais l’an dernier, en juin 2018, ils ont eu l’idée de louer une toue pour une semaine afin de proposer de premières traversées. Cette année, le service sera disponible pendant un mois (toutes les 15 minutes, participation libre) notamment grâce à Nantes métropole, qui a accepté de mettre à disposition son Navibus à hydrogène : le bateau (12 passagers maximum) avait encore besoin de réaliser quelques tests de navigation avant sa saison estivale au Port-Boyer.

Des aménagements ont été réalisés sur les pontons de plaisance, déjà existants. Mais l’investissement représente tout de même 16.000 euros pour l’Aful Chantrerie (aidée par l’Ademe), qui a loué un deuxième bateau. « Ce que l’on souhaiterait, à terme, c’est que cette liaison devienne pérenne, continue Bernard Lemoult. Elle pourrait améliorer le quotidien des nombreux salariés de la zone mais aussi des familles et des touristes, puisque l’on va tester le service les dimanches après-midi. On aimerait que la métropole s’en saisisse. »

Interrogée, la collectivité n’a pas souhaité apporter davantage de commentaires. Même si l’implication de la Semitan montre qu’elle suit évidemment le dossier de près.

 

Sur la Loire

Quatre nouvelles lignes devraient ainsi être lancées sur la Loire d’ici à 2023, en complément de la liaison Trentemoult Roquios-Gare maritime. La première de reliera le Bas-chantenay au Hangar à bananes début 2020.