FC Nantes: La colère de Kita contre les politiques, «personne ne savait où se mettre...», raconte un témoin

POLEMIQUE La scène s'est déroulée lors du match de l'équipe de France contre la Bolivie (2-0) dimanche soir à la Beaujoire

David Phelippeau

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Johanna Rolland et Waldemar Kita le 19 septembre 2017 à Nantes.
Johanna Rolland et Waldemar Kita le 19 septembre 2017 à Nantes. — F.Brenon/20Minutes

« Personne ne savait où se mettre, c’était un peu lunaire… », raconte ce témoin, présent dans le salon de Waldemar Kita, dimanche soir, lors de la rencontre amicale France-Bolivie (2-0). Comme le révèle Presse Océan, la soirée a été tendue entre le président du FC Nantes et quelques politiques locaux. Les députés Mounir Belhamiti (LREM), Valérie Oppelt (LREM) et Sarah El Haïry (Modem) ont subi les foudres de WK. En toile de fond de sa colère : l’abandon de son projet de nouveau stade en février. Kita a notamment reproché aux politiques de lui avoir fait perdre 14 millions d’euros.

« Il a fait une scène… »

« Il était rouge de colère, raconte Sarah El Haïry, joint par 20 Minutes. Il a été parfaitement irrespectueux. Moi, j’étais favorable au stade privé construit avec de l’argent privé, mais ce n’est pas en forçant la main et sans concertation qu’on s’en sort. Il a été virulent, pas correct. Il a fait une scène… » La députée est persuadée que le président nantais s’en est pris à eux pour mieux faire passer des messages à d’autres politiques présents autour. Elle lui a d’ailleurs répondu qu’il devait s’adresser en premier lieu à la présidente de Nantes métropole,  Johanna Rolland, présente également.

A la pause, cette dernière (avec son adjoint Pascal Bolo) s’est expliquée avec le président du FCN. Ils ne s’étaient manifestement jamais revus depuis l’abandon du projet. « Une discussion plus posée », selon un témoin. « Ça haussait moins le ton, mais ce n’était pas jovial… », se souvient Sarah El Haïry.

Il soupçonne d’avoir été « balancé » dans l’enquête sur une présumée fraude fiscale

Enfin, toujours lors de son courroux, le président Kita a sous-entendu qu’il soupçonnait certains politiques de l’avoir « balancé » à la brigade financière dans une affaire de fraude fiscale présumée. L’enquête le visant avait provoqué l’arrêt du projet de nouvelle enceinte. Sarah El Haïry : « Oui, il a laissé sous-entendre ça. C’est indécent, indigne. Moi, j’ai confiance en la justice et la brigade financière et je crois aussi à la présomption d’innocence. Et je ne comprends pas ce degré de violence de Monsieur Kita. » Sollicité, Waldemar Kita n’a pour l’heure pas été joint.