FC Nantes: Pas de nouveau stade, pas de musée? «C'est un raccourci», affirme-t-on au FCN

PATRIMOINE Philippe Laurent a expliqué, ce jeudi, que le projet de musée n'était absolument pas abandonné et qu'il verrait le jour en 2022 ou 2023

David Phelippeau

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Une Coupe de France (au centre), le maillot jaune des années 80 etc.
Une Coupe de France (au centre), le maillot jaune des années 80 etc. — Photo FC Nantes / Arnaud Duret
  • Malgré l'abandon du projet de stade, le projet musée n'est pas du tout remis en cause, selon Philippe Laurent, chef du projet.
  • Un comité de pilotage travaille depuis 2015 sur ce projet.
  • Philippe Laurent estime qu'en 2022 ou 2023 au plus tard, ce lieu pourra ouvrir dans un endroit encore à déterminer.

« Il va exister ce musée, c’est une volonté du club et je me battrai jusqu’au bout… » Philippe Laurent avait un impérieux besoin de prendre la parole. De briser un silence qui pouvait prêter le flanc à beaucoup de rumeurs. Le chef du projet de musée a affirmé ce jeudi midi que le musée du FC Nantes verrait bien le jour « en 2022-2023 » dans un lieu à déterminer, mais « le stade reste l’endroit le plus adapté pour l’accueillir ».

Philippe Laurent a eu l’envie de faire cette mise au point pour deux raisons. La première parce que l’abandon du projet de nouveau stade en février laissait planer le doute sur la perspective de construire un musée. « C’est un raccourci. Notre projet a existé avant le nouveau stade, il continuera après. » La seconde parce que l’association « à la nantaise » (des amoureux du FCN) va présenter un contre-projet de musée (« FC Nantes Europe Museum ») mercredi prochain. « J’ai trouvé ça très inélégant… » Et très dur à avaler pour Philippe Laurent, Anne Seignot-Renouard, une muséographe, et tout le comité de pilotage (composé d’anciens journalistes, de membres des archives départementale ou municipale etc.) qui travaillent depuis septembre 2015 sur ce projet.

Tout ce petit monde est parti de rien ou presque. « C’était une catastrophe, explique Philippe Laurent. Les précédentes gouvernances n’avaient rien conservé, préservé, à part quelques trophées dans une vitrine. » Un gros travail de fourmi a commencé. « On a rassemblé, stocké et inventorié les collections depuis un an et demi ou deux ans… » Plus de 2.000 photos, 15.000 coupures de presse, 700 à 800 vidéos sont actuellement répertoriées.

La formation à la nantaise comme fil rouge

« Rien n’est ringard, tout participe à sa manière à l’histoire du club. » En juin 2018, le site officiel abrite une rubrique « musée des Canaris ». « Dernièrement, on a fait un lancement à contributions, même si c’est difficile de consulter tout le monde ». Objectif ? « Créer un équipement culturel à part entière, rattaché au club et intégré dans son territoire avec un parcours permanent [scénographie alternant ambiance immersive, participative et spectaculaire], explique celui qui a visité les musées de nombreux clubs européens (Saint-Etienne, Lyon, Juventus, Milan, Barcelone etc.). Mais aussi relater le passé tout en s’inscrivant dans le contemporain [expos temporaires, programmation culturelle etc.]. On veut un musée innovant. On travaille sur un mixte entre Saint-Etienne, qui est un vieux musée, et Lyon, plus moderne. »

Avec un fil rouge pour l’ensemble : « La formation à la nantaise, qui qualifie l’ADN de notre club. » Avant de faire appel aux services d’un scénographe, « il nous reste entre 12 et 18 mois de travail », estime Philippe Laurent, qui affirme avoir le soutien du président Kita et des politiques. « Je vous le garantis, il y aura un musée des Canaris par la porte ou par la fenêtre, conclut le chef de projet. Le travail est trop avancé pour reculer maintenant. »