VIDEO. Nantes: Après les fusillades, une «marche de l'espoir» contre la violence dans les quartiers

SOCIETE Une marche citoyenne inter-quartiers s'est déroulée dimanche après-midi après les fusillades des derniers jours à Nantes

Frédéric Brenon

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L'arrivée de la «marche de l'espoir» en centre-ville de Nantes dimanche 28 avril.
L'arrivée de la «marche de l'espoir» en centre-ville de Nantes dimanche 28 avril. — S.Salom-Gomis/AFP
  • Près de 500 personnes ont participé à une « marche de l’espoir » dimanche.
  • Des cortèges se sont élancés de cinq endroits de la ville.
  • Les habitants de divers quartiers populaires se sont retrouvés et réunis en centre-ville vers 17h.

Ils ont décidé de se rassembler puis de rejoindre à pied le centre-ville afin de dire « stop » à la violence dans les quartiers nantais. Un peu plus de 200 personnes se sont élancées dimanche après-midi, vers 15h, de la place Mendès-France à Bellevue pour une « marche de l’espoir ». Dans le cortège, des familles, des responsables associatifs, quelques élus aussi, dont la maire de Nantes, Johanna Rolland (PS).

Un départ simultané a eu lieu depuis quatre autres points de rendez-vous représentatifs de six quartiers de la ville : Dervallières, Breil, Nantes nord, Bottière, Malakoff et Clos-Toreau. Inédite, cette mobilisation citoyenne est une réponse aux fusillades des derniers jours, dans plusieurs endroits de Nantes, qui ont fait six blessés par balle et un mort.

« Retisser du lien entre tous les quartiers »

« La violence, on la vit au quotidien mais on ne pensait pas en arriver à ce stade, s’inquiète Claudia. J’ai un petit de 12 ans. Est-ce qu’il ne va pas se prendre une balle perdue à la sortie d’un fast-food dans quelques années ? Il faut que ça s’arrête. » « On a peur pour nos petits frères, nos petites sœurs, pour notre avenir. C’est devenu dangereux », estime Nabil, 13 ans.

« C’est une marche qui me tient à cœur en tant que maman, en tant que voisine, complète Sabrina. On veut que cette rivalité entre quartiers cesse enfin et qu’on reparle du positif. Parce que derrière cette vitrine négative, il y a beaucoup de belles choses ici. De belles relations, beaucoup de solidarité. » « Cette marche, c’est symbolique, justifie Najib, coorganisateur. On sait que ça ne va rien régler. Mais on ne peut pas rester sans rien faire. On espère aussi retisser du lien entre tous les quartiers. »

Le « merci infini » de Johanna Rolland

Vers 17h, les différents cortèges se sont retrouvés comme prévu en centre-ville. Près de 500 personnes se sont alors réunies place Neptune. « En tant que citoyen, on a un droit fondamental à la sécurité. Oui, il faut exiger ce droit. Il faut dire stop aux trafics, stop aux armes », a exigé Rhadia, de Nantes-nord. Johanna Rolland a pris la parole pour adresser un « merci infini » aux personnes mobilisées. « Nous ne vous laisserons pas tomber » a-t-elle ajouté après avoir adressé un tacle à l’Etat. « Démanteler les trafics, les armes, c’est le job de l’Etat. Il faut que le maximum soit fait. »

Vendredi, déjà, environ 200 personnes avaient marché silencieusement en centre-ville afin de rendre hommage à Mancef Mjidou, 23 ans, tué dans la nuit de lundi à mardi à la sortie d’un bar à chicha de la rue Maréchal-Joffre. L’enquête concernant ce crime se poursuit. Si la piste du règlement de comptes est privilégiée, la victime n’était peut-être pas directement visée.