Nantes: La question du nouveau franchissement de la Loire toujours à la dérive

MOBILITE Serpent de mer depuis au moins dix ans pour la métropole nantaise, la question d'un franchissement supplémentaire du fleuve peine à se traduire en solutions

Julie Urbach

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Le pont de Cheviré à Nantes
Le pont de Cheviré à Nantes — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Trois ans après le grand débat sur la Loire, la mairie a lancé de nombreux projets urbains et de loisirs autour du fleuve.
  • Mais la question du franchissement automobile reste toujours en suspens.

Il suffit d'ouvrir les yeux pour s’en rendre compte. En quelques années, les berges de Loire, en centre-ville de Nantes, se sont véritablement transformées. Alors qu’une guinguette belvédère vient par exemple d’ouvrir quai Doumergue, plusieurs projets urbains (Pirmil les Isles, Petite-Hollande, CHU...) et de loisirs (Arbre aux hérons, activités nautiques, piscine en bord de Loire... ) se préparent. Il faut dire que la question de la réappropriation de la Loire, dont un bilan a été présenté par la ville ce mardi, est l’un des grands axes du mandat de la maire (PS) de Nantes Johanna Rolland. Pour autant, le dossier d'un franchissement supplémentaire du fleuve, plusieurs fois repoussé, est encore loin d’être réglé.

Il y a pourtant urgence, à en croire les plus de 100.000 automobilistes qui empruntent quotidiennement le pont de Cheviré. « Ce matin, ça allait, car c’est les vacances, rapporte l’un d’entre eux. Mais les retards, les embouteillages, il y en a marre. » Et le problème ne date pas d’hier. « On se posait déjà la question sous Jean-Marc Ayrault et, depuis, ça n'a pas avancé », rappelle Julien Bainvel, conseiller municipal d’opposition.

Des études et des retards

En 2011, déjà, la métropole s’exprimait sur ce serpent de mer avec le « souhait pour un nouveau franchissement de Loire entre les pont Anne-de-Bretagne et Cheviré ». Depuis, plusieurs études ont été évoquées, à chaque fois repoussées. La dernière, pilotée par la région Pays-de-la-Loire depuis fin 2017, devait livrer ses conclusions fin 2018. On évoque désormais 2020. Un nouveau retard alors que la question se fait encore plus pressante depuis l’abandon du projet d’aéroport, comme l’estime la CCI. Pour d'autres, comme les écologistes, un nouveau franchissement n'a rien d'une bonne idée s'il favorise principalement le trafic automobile.

A l’époque, un pont levant, un tunnel, un téléphérique et un pont à transbordeur étaient avancés comme hypothèse. Aujourd’hui, il semble que seules les deux premières hypothèses, dont il faut évidemment évaluer le coût, soient encore dans la course. Mais l’emplacement de ce nouveau franchissement fait aussi débat. « La métropole souhaiterait qu’il intervienne plutôt en amont de Cheviré, pour favoriser les déplacements intrapériphérique, indique Fabrice Roussel, vice-président à Nantes métropole. La région plaide plutôt pour un franchissement en aval. »

Quels projets, en attendant?

En attendant, et trois ans après les 30 engagements pour la Loire pris par Nantes métropole après un grand débat, d’autres solutions sont en route pour aider à relier le nord au sud, mais pas forcément en voiture. D’ici à la fin de l’année, un maître d’oeuvre devrait être choisi pour la réalisation du doublement du pont Anne de Bretagne, qui sortira de l’eau « d’ici au milieu du prochain mandat », espère Alain Robert, adjoint à l’urbanisme à la mairie. Pour les piétons et les cyclistes, une nouvelle ligne de Navibus, entre la grue grise (quai Wilson, sur l’île de Nantes) et la grue noire (cale Dubigeon, quartier du bas Chantenay) sera mise en service au début 2020, a-t-il été confirmé ce mardi.

Quant aux aménagements du périphérique, pilotés par l’État et qui se chiffrent en centaines de millions d’euros, le doublement de la porte de Gesvres et une troisième voie sur l’intégralité du pont de Cheviré sont déjà programmés dans les prochaines années. Des travaux d’élargissement pourraient aussi être menés sur le pont de Bellevue, mais le calendrier n’a pas été communiqué.