Nantes: Un premier frigo solidaire, pour les plus démunis, a fait son apparition à Bouffay

INITIATIVE Géré par la patronne d’un restaurant, et grâce aux apports de particuliers, ce réfrigérateur s’adresse aux personnes dans le besoin

Julie Urbach

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A Nantes, Séverine Figuls, patronne du Chacha, a installé un frigo solidaire devant son resto
A Nantes, Séverine Figuls, patronne du Chacha, a installé un frigo solidaire devant son resto — J. Urbach/ 20 Minutes
  • L’initiative, qui existe déjà dans certaines villes de France, s’adresse aux SDF, retraités, ou étudiants précaires.
  • Les Nantais qui le souhaitent peuvent y déposer des denrées.

Cette fois, il y a quelques boîtes de conserve et du riz, mais on peut aussi y trouver des sandwichs ou des légumes. Depuis début mars, un drôle de réfrigérateur est apparu en pleine rue, quartier Bouffay à Nantes. Il s’agit du premier frigo solidaire, une initiative qui se développe un peu partout France. Situé devant le Chacha restaurant, rue de la Blèterie, il propose gratuitement des denrées aux plus démunis.

« Il s’adresse aux sans-abri, mais pas seulement, prévient Séverine Figuls, 39 ans, la patronne du restaurant. Il y a aussi des étudiants dans le besoin, des gens au RSA ou des retraités qui sont parfois honteux de demander. » Pour se servir, pas besoin de s’inscrire ou de se signaler, donc. Idem si l’on souhaite y déposer des aliments.

Pain, fruits, produits secs…

Car la restauratrice compte sur la solidarité des Nantais : « On peut y mettre du pain, des produits secs, même une pomme c’est déjà bien, continue-t-elle Les restaurateurs peuvent y déposer des plats mais pas les particuliers, à cause des règles sanitaires. » Pour les mêmes raisons, viande ou poisson sont à éviter. Pour les prochaines vacances, la restauratrice encourage les familles qui videront leur frigo avant de partir à venir la voir, plutôt que de tout jeter à la poubelle.

Mais déjà, l’initiative, qui permet de lutter contre le gaspillage alimentaire, semble porter ses fruits. « Un jeune homme est venu déposer des invendus d’une boulangerie qu’il avait récupérés, se réjouit Séverine Figuls. J’ai aussi convaincu une voisine restauratrice, qui y a déposé ses restes de cupcakes. » Pour autant, l’utilisation de ce premier frigo est encore limitée aux horaires d’ouverture du restaurant. Sa gérante, qui doit sortir et rentrer l’appareil quotidiennement pour des raisons de sécurité, espère qu’à terme, elle pourra le rendre disponible tous les jours et 24h/24.