Rezé: Crise à la mairie après la suspension d'un animateur périscolaire pour attouchements

POLITIQUE Le maire de Rezé, Gérard Allard, répond aux critiques. L’adjointe à l’Education, elle, a démissionné

Frédéric Brenon

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Gérard Allard, maire de Rezé depuis 2014.
Gérard Allard, maire de Rezé depuis 2014. — FABRICE ELSNER/20MINUTES
  • Un animateur périscolaire a été placé en garde à vue pour une suspiscion d'attouchements sur de jeunes enfants.
  • La mairie a suspendu le profesionnel le 8 mars, au lendemain du signalement d'une famille.
  • Ce même agent avait déjà été changé d'école en septembre après un « comportement déplacé » sur un enfant.

Le 8 mars, un animateur périscolaire de la ville de Rezé était suspendu de ses fonctions en raison d’un « comportement inapproprié », la veille, envers au moins un enfant scolarisé à l’école maternelle du Chêne Creux. L’homme, qui a été placé en garde-à-vue lundi, est suspecté d’attouchements. L’affaire a suscité d’autant plus d’émotion chez les parents d’élèves que ceux-ci viennent d’apprendre que le même animateur avait déjà fait l'objet d'une sanction disciplinaire, en septembre 2018, à la suite d’un « comportement déplacé » (un baiser à la commissure des lèvres) envers un mineur dans une autre école publique rezéenne. L’animateur avait été alors été muté à l’école du Chêne Creux.

Une découverte qui a également fait bondir l’adjointe au maire en charge de l’éducation, Christine Coutant. Celle-ci a annoncé dans la foulée sa démission, expliquant dans les colonnes de Ouest-France n’avoir pas été informée de la situation et dénonçant la « gestion minimaliste d’un acte qui n’était pas anodin et a aujourd’hui mis des enfants en danger », ainsi qu’une communication déficiente.

« J’estime que nous avons fait ce qu’il fallait »

Visé par les critiques, le maire socialiste, Gérard Allard, s’est défendu au cours d’une conférence de presse. « Je ne sais pas s’il existe beaucoup de situations aussi douloureuses dans la fonction de maire. Aucun élu n’est préparé à de pareilles épreuves. Notre rôle, et le mien en particulier, est de prendre ses responsabilités. […] Je partage la colère légitime exprimée par les parents. […] Je confirme ma volonté que toute la lumière soit faite dans cette affaire et la ville coopère avec la police. »

Concernant les faits de septembre dernier dans une autre école, Gérard Allard assure ne pas en avoir eu connaissance. « Cette situation a été traitée collégialement par les services dans un cadre disciplinaire et je n’ai rien à redire sur cette gestion. Avec la connaissance qui était la nôtre, j’estime que nous avons fait ce qu’il fallait dans les deux circonstances, que ce soit en septembre ou le 7 mars. Je peux comprendre que l’on fasse aujourd’hui des rapprochements. Nul n’était en mesure de le faire en septembre. […] La décence attendue face à cette situation ne saurait faire place à quelque polémique politique que ce soit. »

La ville de Rezé, qui emploie 250 agents dans les écoles (animateurs périscolaires et ATSEM) a mis en place un accueil téléphonique renforcé pour les parents d’élèves, ainsi qu’une cellule de soutien psychologique à l’école du Chêne Creux.