Nantes: Un devoir de CM2 évoquant les bienfaits de la colonisation suscite la polémique

HISTOIRE Le Cran dénonce ce vendredi une « propagande coloniale insupportable »

Frédéric Brenon

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Un élève dans une école élémentaire.
Un élève dans une école élémentaire. — F.Lodi/Sipa

« Sans pour autant oublier les aspects négatifs de la colonisation, il ne faut pas oublier les bienfaits que cela a eus pour les populations colonisées. » Le devoir, présenté sous la forme d’un texte à trous, commence ainsi. Il cite ensuite « l’instruction », la « langue commune », « les soins médicaux », « le développement des trains et routes » comme des aspects positifs de la colonisation.

Cet extrait de leçon, intitulé « Le colonialisme, une œuvre civilisatrice », a été proposé récemment à une classe de CM2 d’une école nantaise. Sa découverte a fait bondir des parents d’élèves, comme l’a révélé Ouest-France. Même controverse sur les réseaux sociaux, où la photo du texte est largement partagée.

Extrait d'une leçon proposé à une classe de CM2 d'une école à Nantes.
Extrait d'une leçon proposé à une classe de CM2 d'une école à Nantes. - Le Cran

« Un texte sorti de son contexte »

Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) s’est également ému ce vendredi. « Sauf à vouloir faire œuvre de révisionnisme ou de négationnisme, on ne cherche pas à démontrer les aspects positifs d’un crime contre l’humanité. Et cette propagande coloniale est tout à fait insupportable, a fortiori dans l’Education nationale, avec des enfants du primaire. C’est une manipulation ignoble », déclare Ghyslain Vedeux, président du Cran. L’association a interpellé le rectorat et le ministère de l’Education nationale pour savoir quelles suites seront données à cette affaire.

Sollicitée, la direction académique de Loire-Atlantique rétorque qu’elle ne « répond pas aux journalistes sur ce sujet ». Philippe Carrière, directeur académique, a tout de même indiqué à Ouest-France que le « petit texte a été sorti de son contexte ». « Il n’est qu’une partie de cinq leçons dans lesquelles la professeure soumet aux élèves les différents points de vue sur la colonisation », justifie-t-il. L’enseignante avait également fait visiter à ses élèves le Mémorial de l’abolition de l’esclavage, inauguré en 2012 à Nantes.

« Tous les aspects de la colonisation, y compris dans le contexte de l’époque, en insistant sur les aspects négatifs autour de la domination, la privation de libertés, l’emprise territoriale », ont été abordés, assure le rectorat. Il précise que l’inspecteur et le conseiller pédagogique de la circonscription ont été envoyés dans l’école pour un « suivi très attentif » de la situation.