La LGV à Nantes et à Angers? Il faudra patienter, prévient SNCF Réseau

TRANSPORTS L'extension de la ligne à grande vitesse (LGV) jusqu'à Nantes est difficile et très coûteuse

Frédéric Brenon

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Un TGV circulant entre Nantes et Angers.
Un TGV circulant entre Nantes et Angers. — F.Elsner/20Minutes

Si la ligne à grande vitesse (LGV) est arrivée à Rennes et à Bordeaux en juillet 2017, elle n’a pas été prolongée au-delà de Sablé-sur-Sarthe en région Pays de la Loire. Conséquence : les villes d’Angers et de Nantes ne sont pas raccordées, au grand dam des élus, acteurs économiques et habitués du train. D’autant plus que l’axe Nantes-Angers-Le Mans, très fréquenté, montre des signes de saturation.

Une soixantaine de TGV et au moins autant de TER empruntent chaque jour l’une des deux voies. « On a une difficulté structurelle sur cet axe », reconnaît Christophe Huau, directeur régional de SNCF Réseau. Une ligne à grande vitesse permettrait d’abaisser les temps de parcours et de diminuer les aléas de circulation. Mais ce n’est pas pour demain.

Entre 3 et 4 milliards d'euros

« Il y a des contraintes importantes autour de Sablé-sur-Sarthe. Il y en a encore plus entre Angers et Nantes. Faire passer une voie le long de la loire c’est très compliqué. Ce serait un chantier pharaonique », confie Christophe Huau. Le coût de l’opération est évidemment un obstacle de taille. « Une LGV, en gros, c’est 20 à 25 millions d’euros du kilomètre », estime-t-il. Soit entre 3 et 4 milliards d’euros pour relier Sablé à Nantes via Angers. La LGV Bretagne-Ouest desservant Rennes avait coûté environ 3,4 milliards d’euros.

« Une LGV c’est un projet à 20 ans. Pour l’heure, on réfléchit plutôt à ce qu’on pourrait faire pour améliorer la capacité et la circulation des trains entre Nantes, Angers et Le Mans. Avec des mesures rapides, on peut repousser la perspective d’une saturation à l’horizon 2040-2050 », considère le directeur régional de SNCF Réseau.

Des travaux d'amélioration

Après le renouvellement des voies entre Angers et Nantes ces dernières années, des travaux identiques seront ainsi engagés en 2020 entre Angers et Le Mans (La Suze-sur-Sarthe). Rails, ballast, traverses et quelques caténaires seront mis à neuf pour un coût de 122 millions d’euros.

Ces travaux seront complétés par l’installation de clôtures « pour sécuriser les voies contre les traversées d’animaux ou de personnes », par du déboisement « pour éviter les chutes d’arbres », et par des équipements de télédétection « pour mieux anticiper les pannes ». Une partie de la facture sera financée par le Contrat d’avenir signé le 8 février dernier entre l'Etat et le conseil régional des Pays-de-la-Loire.