FC Nantes: Yoann Joubert pense encore au nouveau stade, mais aussi à la reprise du club

FOOTBALL Le PDG de Réalités considère que le club est arrivé à un moment où il doit changer de dirigeants 

Frédéric Brenon
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Yoann Joubert, PDG de Réalités, devant une maquette du projet YelloPark.
Yoann Joubert, PDG de Réalités, devant une maquette du projet YelloPark. — F.Brenon/20Minutes
  • Ex-associé de Waldemar Kita sur le projet de nouveau stade, Yoann Joubert dit «comprendre» le refus de Nantes Métropole de poursuivre le projet.
  • Il se dit intéressé par la reprise du FCN avec des partenaires, si Waldemar Kita souhaite passer la main.
  • Yoann Joubert déplore le divorce entre le public et la direction du FCN.

Il était associé à Waldemar Kita pour porter le projet de nouveau stade privé du FC Nantes, alors baptisé YelloPark. Puis avait accueilli avec une certaine élégance l’abandon du volet urbain le 9 novembre dernier, synonyme de fin de partie pour lui. Ce lundi, Yoann Joubert, PDG du groupe immobilier Réalités, déclare à 20 Minutes « comprendre » le refus de Johanna Rolland de vendre une parcelle au FCN en raison de l’enquête visant l’activité fiscale de son président, Waldemar Kita.

« C’était compliqué d’avancer avec autant d’incertitudes et un climat aussi peu serein. Je constate que l’arrêt du projet urbain n’a pas fait faiblir l’opposition au stade. Ça renvoie une image assez négative à l’extérieur. » Le chef d’entreprise herblinois « regrette » toutefois d’en arriver là au regard du travail réalisé. « Les entreprises engagées ont dépensé 10 millions d’euros pour quelque chose qui n’aboutit pas. C’est une somme énorme. Humainement, il y a aussi énormément de personnes qui se sont investies. C’est dommage. »

« Il y aura peut-être une seconde étape »

Yoann Joubert ne tourne pas, pour autant, la page FC Nantes. « Il y aura peut-être une seconde étape », glisse-t-il. D’abord, parce que le projet de stade l’intéresse toujours. « Je ne crois pas que le club puisse se passer d’un projet d’équipement ambitieux car ça représente une partie très importante de ses revenus. Bien sûr, il faut savoir tirer les leçons de l’échec. Mais ça ne veut pas dire renoncer. On est extrêmement persévérant chez Réalités. »

Ensuite parce que l’hypothèse d’un départ de Waldemar Kita se renforce en raison de ce revers et de ses ennuis judiciaires. « Il reste propriétaire du FCN, mais jusqu’à quand ? On verra. On peut imaginer que les choses bougent. C’est à Waldemar Kita de faire une évaluation de la situation. C’est à lui de prendre sa décision. »

« Je veux faire les choses bien »

Le patron de Réalités serait-il alors intéressé par une reprise du club ? « Oui, avec des partenaires, répond-il sans détour. Il y a des acteurs dynamiques qui aiment ce club et ont envie d’essayer. Mais avant de se lancer, ça nécessite un peu de recul, beaucoup d’analyse. Je veux faire les choses bien. On s’engagera le jour où on sentira que les chances de succès sont réunies. »

Yoann Joubert développe son analyse. « On voit bien qu’il y a un divorce entre le club et le territoire. On ne peut plus assister à chaque match à une contestation, à des banderoles hostiles. Depuis 10 ans, il n’y a que ça. C’est terrible pour l’image de Nantes. »

« Le club ne peut pas rester dans un statu quo »

Le PDG de 43 ans est convaincu que la reconquête du public passe par un changement de dirigeants. « On a le sentiment qu’on arrive à la fin d’une étape. Le club a besoin d’avancer, il ne peut pas rester dans un statu quo. On a besoin de gens qui font des compromis, qui sont bienveillants, qui s’attachent à reconstruire ce soutien qui n’existe plus. C’est possible. Un président comme Jean-Michel Aulas est apprécié de son public. »

Yoann Joubert affirme avoir discuté de tout ça avec Waldemar Kita, « une personne courageuse, touchante, qui n’est pas comme on le décrit » et avec qui il dit être « resté en bons termes ». « Je ne dirai rien de nos discussions. Elles nous appartiennent. »