Vendée: L'abattoir de Challans en liquidation judiciaire, 140 licenciements

ECONOMIE L'établissement géré par Covia va fermer faute de repreneur

20 Minutes avec AFP

— 

Un boucher dans un abattoir (image d'illustration).
Un boucher dans un abattoir (image d'illustration). — REMY GABALDA / AFP

Gros coup dur pour le nord-Vendée. L’abattoir de Challans, qui emploie 140 salariés, a été placé en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Poitiers, faute de repreneur, a-t-on appris samedi auprès du maire. Le tribunal a prononcé la liquidation judiciaire des quatre sociétés de la Covia : Sovia (transport), Covia filières viandes (transformation), la SEAC (abattage) et la Scop Coopérative Viande (éleveurs), entraînant la suppression de 140 emplois, a indiqué Serge Rondeau, maire de Challans. Des centaines d’éleveurs sont également touchés.

Le tribunal a rendu cette décision en tenant compte du fait qu’aucun repreneur ne s’était manifesté. L’abattoir avait été revendu il y a une dizaine d’années par la mairie, qui ne souhaitait plus s’en occuper. « Ça s’est bien passé jusqu’à un premier dépôt de bilan il y a quelques années », a souligné le maire, qui évoque un « gâchis » et se dit « très triste ». « C’est une tragédie pour les salariés, les éleveurs et le territoire du nord-ouest vendéen », confirme de son côté le député LREM Philippe Latombe​.

« La gestion n’était pas à la hauteur des enjeux »

Selon Michaël Tariot, délégué syndical CFDT, la société est « très endettée » et les salariés risquent de se retrouver « avec le minimum du PSE » (plan de sauvegarde de l’emploi). « On n’a jamais su comment on a pu en arriver là en un an et demi, nous avions demandé à avoir accès aux comptes, en vain », a-t-il déploré. « Les raisons de cette fermeture sont économiques, la gestion n’était pas à la hauteur des enjeux depuis quelques années, avec des mises aux normes qui auraient dû intervenir beaucoup plus rapidement, mais on sait aussi que les relations entre les deux exploitants de l’abattoir n’étaient pas bonnes », a précisé le maire.

Serge Rondeau garde malgré tout « un peu d’espoir ». « Les animaux et les consommateurs sont là, peut-être que dans quelques semaines, il y aura un repreneur. Nous avons mobilisé les services du département et de la région pour allouer des subventions en vue des remises aux normes ».

L’abattoir avait été fermé en décembre par arrêté préfectoral, faute d’avoir réalisé les travaux nécessaires.