Notre-Dame-des-Landes: Cinq zadistes mis en examen pour séquestration

FAITS DIVERS Les faits portent sur des violences aggravées, enlèvement et séquestration à l’automne 2018…

20 Minutes avec AFP

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Heurts entre gendarmes et défenseurs de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en avril 2018
Heurts entre gendarmes et défenseurs de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en avril 2018 — SEBASTIEN SALOM GOMIS/AP/SIPA

Cinq personnes ont été mises en examen sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes jeudi soir pour des faits notamment d'enlèvement et de séquestration survenus en octobre 2018, a-t-on appris de source judiciaire. Les cinq mis en examen le sont pour «faits de violences aggravées avec interruption temporaire de travail (ITT) supérieure à 8 jours», «enlèvement et séquestration avec libération avant le septième jour» et «association de malfaiteurs». 

Interpellées mardi, ces cinq personnes sont soupçonnées d'avoir, le 5 octobre, exercé des violences contre un autre zadiste. Ils l'auraient notamment frappé, l'auraient ensuite ligoté puis mis de force dans un véhicule avant de le déposer ensuite à l'extérieur de la ZAD, a-t-on indiqué de même source. Tous ont été mis en cause par la victime et la justice dispose d'éléments qui viennent corroborer ses accusations, a-t-on précisé. 

Détention provisoire pour trois d'entre elles

Selon des informations non confirmées de source judiciaire, la victime appartiendrait, contrairement à ses agresseurs, au clan considéré comme celui des «radicaux» sur la ZAD. La procureure avait requis des mandats de dépôts contre les cinq mis en examen mais seuls trois d'entre eux ont été placés en détention provisoire. Deux autres, dont la seule jeune femme du groupe, ont été placés sous contrôle judiciaire.

Dans un communiqué, des «paysans et paysannes», ainsi que des soutiens des porteurs de projet sur la Zad appellent à la remise en liberté des personnes incarcérées et affirment que les cinq mis en examen «étaient très impliqués dans les activités de la ZAD, la plupart sont de jeunes paysans en cours d'installation, signataires de Convention d'Occupation Précaire (COP) que nous accompagnons dans leurs démarches et dans la mise en place de leurs activités agricoles».

«En tant que paysans et paysannes, nous sommes absolument scandalisés à l'idée que cette incarcération préventive puisse interrompre brutalement les parcours agricoles entamés et mettre en péril des fermes que nous venons tout juste de sauver après de longues années de lutte commune», poursuit le communiqué, selon lequel «L'Etat dit vouloir installer des jeunes paysans mais, en les incarcérant aujourd'hui, il casse cette dynamique».

Manifestation de soutien

Environ 150 personnes ont manifesté jeudi devant le palais de justice de Saint-Nazaire en soutien aux interpellés. Ces interpellations ont eu lieu sur la zone d'aménagement différé, rebaptisée «zone à défendre» par les opposants au projet d'aéroport. En janvier 2018, le gouvernement avait décidé de mettre fin à ce projet, puis d'expulser au printemps les personnes installées sur place et qui refusaient de régulariser leur situation. 

Après les violentes évacuations du printemps, qui ont mobilisé environ 2.500 gendarmes, la situation est restée calme sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.  Les voies de circulation qui avaient été bloquées par des opposants au projet d'aéroport ne sont plus entravées et les terrains où devait se construire l'infrastructure sont en train d'être rétrocédés aux propriétaires.