Notre-Dame-des-Landes: La ZAD lance un fonds de dotation pour acheter des terres et bâtiments

LOIRE-ATLANTIQUE L'objectif est d'aboutir à une propriété et une gestion collective de parcelles de la Zad...

Frédéric Brenon

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Des zadistes déplacent une charpente en bois, le 15 avril 2018.
Des zadistes déplacent une charpente en bois, le 15 avril 2018. — C.Triballeau/20Minutes
  • La ZAD célèbre ce jeudi l’anniversaire de l’abandon du projet d’aéroport.
  • La création d’un fonds de dotation permettant d’acquérir des bâtiments et terrains est annoncée.
  • L’objectif est de collecter entre 2 et 3 millions d’euros à terme.

Ambiance joyeuse sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ce jeudi. On fête en effet le premier anniversaire de l’abandon officiel du projet d’aéroport, annoncé par le Premier ministre Edouard Philippe le 17 janvier 2018. Plus de 400 personnes, venues parfois d’autres départements, se sont déplacées pour participer aux animations (balades, spectacles…) et célébrer, jusqu’à tard dans la nuit, cette « lutte victorieuse dont on reparlera dans 20 ans ».

Mais ce « jour heureux » était aussi l’occasion d’annoncer une nouvelle étape : la création d’un fonds de dotation. Un appel aux dons est en effet lancé dans le but d’acheter des bâtiments et terres situés sur l’ex-future zone aéroportuaire. Objectif : garantir une « propriété et une gestion collective » de ces biens afin de « poursuivre les expérimentations » dans le « respect de l’agriculture paysanne ».

Balade naturaliste dans la Zad de Notre-Dame-des-Landes, le 17 janvier 2019.
Balade naturaliste dans la Zad de Notre-Dame-des-Landes, le 17 janvier 2019. - F.Brenon/20Minutes

Déjà 200.000 euros collectés

Une douzaine de hangars, maisons et parcelles de bocage, non concernés par la rétrocession de 895 ha au conseil départemental, est convoitée dans un premier temps. « Ils appartiennent à l’Etat mais celui-ci pourrait les mettre en vente à moyen terme. Le fonds de dotation doit nous donner les moyens de nous positionner lorsque la vente sera effective », explique Ben, un habitant de la Zad. Dans un second temps, le fonds, appelé « La terre en commun », pourrait aussi permettre d’acquérir d’autres parcelles et bâtiments revendus par le conseil départemental.

Un budget de 2 à 3 millions d’euros est espéré à terme pour mener à bien ces achats. Mais, d’ores et déjà, sans médiatisation, plus de 200.000 euros ont été collectés auprès de 300 contributeurs, avancent les administrateurs du fonds. « Ces premiers dons viennent d’un peu partout en France. Ça va de 20 euros à des montants pouvant atteindre quatre zéros. On sent que les gens qui nous soutiennent ont envie de continuer à défendre cette zone », indique Geneviève Coiffard, présidente du fonds.

« C’est peut-être un pari fou »

Les dons, défiscalisables, peuvent être adressés par courrier ou via un site Internet créé à cet effet. « Si on ne fait rien, il y a un risque que les pouvoirs publics partagent ce territoire en donnant un petit bout aux écologistes, un autre bout à l’agriculture chimique de Monsanto, insiste Jean-Marie Dréan, du collectif des Naturalistes en lutte. Ça n’aurait pas de sens. Ces terres ont été protégées du bétonnage et des pesticides pendant des années. Il faut continuer de les préserver. » « C’est peut-être un pari fou. Mais empêcher l’aéroport n’était-il pas déjà un pari fou ? », rappelle malicieusement un habitant.