«On a une région qui fonctionne et on voudrait la casser», s'agace la présidente des Pays-de-la-Loire

LOIRE-ATLANTIQUE EN BRETAGNE? Christelle Morançais n'est pas du tout favorable à un rattachement de la Loire-Atlantique à la région Bretagne, pas plus qu'à un référendum...

Propos recueillis par Frédéric Brenon

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Christelle Morançais, présidente du conseil régional des Pays de la Loire depuis le 19 octobre 2017.
Christelle Morançais, présidente du conseil régional des Pays de la Loire depuis le 19 octobre 2017. — F.Brenon/20Minutes

Prenant acte de la pétition déposée par l’association Bretagne réunie (100.000 signataires réclamant un référendum), le président du conseil départemental de Loire-Atlantique a demandé vendredi à l'Etat d’organiser un « référendum décisionnel » sur la question du rattachement de la Loire-Atlantique à la région Bretagne. Il a aussi demandé à son assemblée de se prononcer sur le sujet lundi matin. De son côté, le conseil régional de Bretagne s’est déjà déclaré favorable à un rattachement, de même qu’à un référendum. Mais qu’en pense la présidente de la région Pays-de-la-Loire, Christelle Morançais (LR) ? Sans surprise, elle est nettement moins emballée. Entretien.

La question d’un rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne revient sur la table. Qu’en pensez-vous ?

J’entends cette pétition, 100.000 signataires ce n’est pas rien. Sauf que la question a été évoquée et tranchée en 2014 avec la loi NOTRe et le redécoupage des régions [l’Etat avait alors décidé de ne pas modifier les frontières des régions Bretagne et Pays-de-la-Loire]. Le sujet a été traité. Mettre la Loire-Atlantique avec la Bretagne, très clairement, ce serait le démantèlement total de la région Pays-de-la-Loire. Pour moi, la région Pays-de-la-Loire c’est un seul bloc, cinq départements. On ne va pas faire, refaire, défaire. Aujourd’hui, on a besoin de stabilité

Pourquoi ne pas poser la question par référendum ?

En Loire-Atlantique on a eu un référendum sur la question de l’aéroport. On a vu ce que ça a donné ! Le référendum c’est un mot à la mode, tout le monde veut en faire. Moi, je n’y suis pas favorable. Et puis ça pose la question de qui s’exprime. La Bretagne ? La Loire-Atlantique ? Et les Mayennais et les Sarthois, on ne leur demanderait pas leur avis ? Je pense qu’on a déjà beaucoup de dossiers importants à traiter. Ma responsabilité c’est de préparer cette région. Si on veut la défaire c’est peut-être aussi parce qu’elle marche trop bien. Ça gêne peut-être des personnes. Elle est en tête des sondages où il fait bon vivre et travailler, c’est la région où le  taux de chômage est le plus bas, c’est la première pour les créations d’entreprises… On a quelque chose qui fonctionne et on voudrait le casser ! On marche sur la tête.

Vous ne consulterez donc pas votre assemblée comme le fera le département de Loire-Atlantique lundi et comme le permet la loi NOTRe ?

Je ne sais pas, voyons déjà ce qui se passera lundi. Je ne ferme pas la porte à inscrire le sujet lors d’une session extraordinaire. Mais je crois qu’on a d’autres sujets avec la Bretagne, des sujets de coopération notamment, comme on en a avec d’autres régions d’ailleurs. Faire, défaire, refaire, c’est typiquement français. Mais, à un moment, faisons preuve d’un peu de responsabilité et de stabilité.

Le conseil régional de Bretagne se dit prêt à accueillir la Loire-Atlantique ?

C’est sa décision. Je pense qu’il a beaucoup de pression, clairement. C’est un sujet d’identité et de culture. C’est ce qui donne de l’émotion. Je suis très attachée à la transmission de cette culture bretonne. Mais, après, administrativement, on a d’autres combats. Et, je le redis, ça a déjà été traité en 2014.

 

Séparées depuis 1941

Membre historique de la Bretagne, la Loire-Inférieure (ex-Loire-Atlantique) a quitté la Bretagne administrative en 1941. Un découpage confirmé en 1955 avec la création de la région Pays-de-la-Loire.