Nantes: Comment Maria Bals, ex-handballeuse, est devenue une championne de free-fight

REBOND L’ancien demi-centre du club de Nantes s’est découvert une nouvelle passion : le MMA (mixed martial arts)…

David Phelippeau

— 

Maria Bals.
Maria Bals. — M.Bals
  • Maria Bals, l’ancienne handballeuse professionnelle de Nantes (2010-2014) est une ambassadrice du MMA ou free-fight, sport de combat interdit en compétition officielle en France.
  • En 2017, elle a remporté le titre suprême dans sa catégorie à Bâle en Suisse, son premier combat officiel de MMA.

Elle n’a rien perdu de sa gouaille. Son débit de paroles n’a pas ralenti. Au bout du fil, l’accent brésilien de Maria Bals chante encore. Cela fait 4 ans que la Norvégienne, d’origine brésilienne, a quitté Nantes et son club de hand, le NLA (désormais le NAHB). L’année 2014 coïncide d’ailleurs avec l’arrêt de sa carrière de handballeuse professionnelle à l’âge de 33 ans. « J’ai commencé le hand à 7 ans, j’ai donc joué 26 ans, j’ai eu ma dose », avoue celle qui aura connu le haut niveau à Toulon, Besançon, Angoulême et enfin Nantes.

Maria, demi-centre mais aussi défenseuse rugueuse au hand, n’était semble-t-il pourtant pas rassasiée en duels et chocs en tous genres. Fin d’année 2014, elle s’installe à Besançon et trouve un job de commerciale. Toujours débordante d’énergie, Maria se retrouve « par hasard » dans un club de MMA (mixed martial arts), sport de combat interdit en compétition en France. « A Nantes, je faisais du jiu-jitsu brésilien avec des potes. J’ai voulu en faire à Besançon, mais il n’y avait pas de section… » Un club de MMA bisontin lui ouvre alors ses portes. « Le coach a tout de suite aimé ma mentalité, ma rigueur. Le fait que je n’avais pas peur d’avoir mal et que j’allais de l’avant. » Sa longue expérience de handballeuse, au caractère bien trempé, contribue très vite à faire de Maria une combattante exceptionnelle. Elle a en elle cette faculté « à neutraliser l’autre comme au hand ».

Maria Bals en action.
Maria Bals en action. - M. Bals

En mai 2016, elle devient championne de France de pancrace (la version « soft » du MMA, puisque les coups au sol sont interdits) à Paris dans la catégorie de mois de 61 kg. Une compétition qu’elle n’a pas oubliée. « Quand je suis arrivée à Paris, on m’a demandé de perdre 2,5 kg pour pouvoir combattre dans la catégorie de moins de 61 kg car il n’y avait plus personne en moins de 63 kg, qui était ma catégorie à la base. » Maria venait de s’enfiler « un bifteck et de boire une bière ». A la hâte, Maria a dû s’ingénier à trouver un sauna…

Seule dans une cage face à une autre Maria

Le titre de champion de France en poche, l’ancienne demi-centre de Nantes se lance un nouveau défi. De très grande taille celui-ci. Pour son premier combat officiel de MMA, elle est forcément obligée de s’exiler. Rendez-vous le 18 février 2017 à l’Octogone Fighting Club de Bâle en Suisse. Face à elle, une autre Maria (Casanova), une Corse avec déjà six combats en pro de MMA à son actif. En jeu : la ceinture HFC. « Bien sûr que j’ai eu peur, confesse celle qui travaille depuis février dans une société d’événementielle avec l’homme de sa vie. Je ne savais pas dans quoi je m’engageais. » Ses souvenirs sont intacts.

Maria, aujourd’hui, âgé de 37 ans, les raconte pêle-mêle. « Je n’ai jamais connu autant d’adrénaline au hand. Quand on ferme la porte derrière toi et que tu te retrouves seule face à l’autre dans une cage, c’est quelque chose. On m’avait mis de la vaseline sur la tête… On était toutes les deux comme des lions en cage. Tu ne peux compter sur personne d’autre que toi-même. » Et c’est parti pour 3X5 minutes de free-fight. Interdiction de « se mettre des coups dans les parties génitales et de se tirer les cheveux ». « C’était kiffant. » Le KO de la Corse n’est pas passé loin. « J’ai failli l’avoir en étranglement ! » Maria l’emporte finalement aux points (vidéo suivante à partir d’1minute 27).

Celle qui s’entraîne au quotidien plusieurs fois par semaine le plus souvent avec des garçons est persuadée que « la mentalité acquise grâce à hand » a contribué à faire d’elle une lutteuse d’exception. Son goût pour le combat ne date néanmoins pas d’aujourd’hui. « Je me souviens que je regardais du catch avec mon père quand j’étais petite… » Et alors que beaucoup de petites filles jouent avec Barbie et Ken, Maria, elle, mariait plutôt la jolie blonde au catcheur Hulk Hogan… Un duo improbable, un peu à l’image de l’histoire sportive de Maria.