Nantes: Le CHU en pointe pour soigner les troubles du comportement alimentaire

SANTE Près de 500 patients souffrant d'anorexie ou de boulimie sont pris en charge chaque année par le CHU de Nantes...

Frédéric Brenon

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Séance de renforcement musculaire à l'hôpital Saint-Jacques.
Séance de renforcement musculaire à l'hôpital Saint-Jacques. — CHU de Nantes
  • Le CHU de Nantes est reconnu pour sa prise en charge des troubles du comportement alimentaire.
  • Les femmes, les adolescentes en particulier, sont les personnes les plus exposées à ces maladies.

Plusieurs milliers de cliniciens et chercheurs sont attendus jusqu’à samedi à la Cité des congrès à l’occasion du 10e congrès français de la psychiatrie. Il sera notamment question d’anorexie mentale, le trouble psychiatrique dont le taux de mortalité est le plus élevé (10 % des patients).

A Nantes, le CHU est reconnu nationalement pour sa prise en charge des troubles du comportement alimentaire (anorexie, boulimie, hyperphagie…). « Ce sont des maladies graves, complexes, qui nécessitent une réponse graduée et la plus personnalisée possible », explique Bruno Rocher, psychiatre addictologue au CHU.

Hospitalisation lourde ou soins ambulatoires

Depuis quatre ans, l’hôpital a ainsi mis en place une organisation pluridisciplinaire, mêlant addictologie, endocrinologie, gastro-entérologie ou médecine physique, répartie sur plusieurs sites (Saint-Jacques, espace Barbara, Hôtel-Dieu). Les patients les plus en danger auront besoin d’une hospitalisation lourde de plusieurs semaines, « à l’écart de l’environnement social ». La priorité sera alors la réalimentation progressive.

Pour d’autres, des soins ambulatoires s’appuyant sur des activités collectives, des temps de discussion, des ateliers d’expression corporelle ou des repas thérapeutiques suffiront. « Dans cette organisation, la place des familles, des parents en particulier, est importante. On a besoin d’eux pour réussir. »

Risque élevé de rechute

Car la difficulté de ces troubles vient aussi du manque de lucidité des patients et du risque important de rechute. « Beaucoup ne se voient pas comme véritablement malades. S’en sortir avec de l’aide est ressenti comme une faiblesse », constate Christine Honthaas, médecin nutritionniste. D’ailleurs, la plupart des Français souffrant de troubles du comportement alimentaire ne seraient pas soignés.

Le CHU, lui, en reçoit 500 par an environ, venus de tout le Grand Ouest. La grande majorité est des femmes, le plus souvent des adolescentes. « Mais on rencontre des femmes post-grossesse, des quinquagénaires… On peut déclencher une anorexie à tout âge », indique Bruno Rocher. Le taux national de guérison est estimé à 65 %, selon le CHU. « Il est largement augmenté quand on est pris en charge et diagnostiqué précocement. C’est important d’avoir ça à l’esprit », insiste le psychiatre nantais.