Nantes: Fermés depuis l'expulsion des migrants, les squares ne rouvriront pas tout de suite

MIGRANTS Le square Daviais, le jardin des Fonderies et le square Vertais avaient été occupés par des migrants. Ils sont depuis fermés au grand public...

Frédéric Brenon

— 

Le jardin des Fonderies est fermé et surveillé par des vigiles.
Le jardin des Fonderies est fermé et surveillé par des vigiles. — F.Brenon/20Minutes
  • Trois parcs nantais ont été occupés ces derniers mois par des migrants sans abri.
  • Ces exilés ont été expulsés, sur demande de la mairie.
  • Des barrières, surveillées par des vigiles, empêchent désormais l'accès aux sites.

Quel point commun entre le square Daviais, le jardin des Fonderies et le square Vertais ? Ces trois parcs nantais ont tous servi de refuge à des personnes migrantes ces derniers mois. Leurs occupants ont été évacués mais les sites sont, depuis, fermés au grand public. Une situation qui devrait se prolonger pour au moins deux d’entre eux.

Le square Daviais est le plus emblématique. Idéalement situé entre les places du Commerce et de la Petite-Hollande, il a été occupé pendant près de deux mois par 700 exilés installés sous des tentes. Ceux-ci ont été transférés le 20 septembre vers des hébergements.

L'évacuation du square Daviais à Nantes, le 20 septembre 2018
L'évacuation du square Daviais à Nantes, le 20 septembre 2018 - F. Brenon/ 20 Minutes

Depuis, l’accès au square est fermé par des grillages. Des travaux de nettoyage et de plantation ont déjà été effectués. Mais sa remise en état par le service des espaces verts va nécessiter encore « plusieurs mois », indique la mairie de Nantes.

Des travaux de sécurisation

A proximité du boulevard Vincent-Gâche, le Jardin des Fonderies a, lui, été occupé quelques jours début octobre par une vingtaine de personnes. Des barrières, surveillées par des vigiles, bloquent désormais l'accès de ce parc ayant la particularité d’être entièrement couvert par une ancienne toiture industrielle. Craignant une réinstallation, la ville envisage désormais des « travaux de sécurisation ». Une étude est en cours. La réouverture du Jardin est envisagée « d’ici à la fin du 1er trimestre 2019 » seulement.

Près de la place Mangin, le square Vertais a été occupé quatre jours par une soixantaine de migrants. Le pont ferroviaire qui traverse le parc leur offrait un abri de fortune. La police est venue les expulser le 26 octobre. Des gravats ont immédiatement été déposés sous le pont. Un mois plus tard, des agents de surveillance sont toujours présents, 24h/24, pour empêcher l’entrée. La réouverture est toutefois proche, selon la mairie. « Après la réouverture partielle du jardin d’enfants, l’accès au square sera rendu au public d’ici la fin novembre », répond-elle.

500.000 euros de gardiennage

La fermeture prolongée de ces trois sites ne réjouit pas les riverains. « On vire les migrants qui avaient besoin d’un abri et on empêche les habitants d’y accéder. Tout le monde est perdant », s’agace Basile, un voisin du square Vertais. « C’est dommage. Ce Jardin était apprécié même en hiver », déplore également un salarié travaillant près des Fonderies. D’autres pointent du doigt le coût de la surveillance des sites.

Une enveloppe de 490.000 euros correspondant à l’ensemble des frais de gardiennage a été votée par le conseil municipal. « Plus aucune occupation sauvage sur l’espace public ne sera tolérée » a répété à plusieurs reprises la maire de Nantes, Johanna Rolland.