Nantes: Après plusieurs drames, la SNCF alerte sur les dangers des intrusions

SECURITE Plusieurs sites ferroviaires nantais sont régulièrement visités par des piétons bravant l'interdiction...

Frédéric Brenon

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Un train entre en gare de Nantes.
Un train entre en gare de Nantes. — F.Elsner/20Minutes
  • Pas moins de 55 personnes ont perdu la vie lors d'intrusions sur des sites ferroviaires en 2017.
  • A Nantes, les gares de triage de Chantenay, Blottereau et de l'île de Nantes sont des secteurs sensibles.
  • La SNCF lance une campagne de prévention.

Le 13 mars 2017, un jeune homme de 21 ans avait été mortellement électrocuté alors qu’il se trouvait en gare de triage du Grand-Blottereau à Nantes, un site interdit au public. « Un groupe de jeunes était entré pour y tourner un clip de rap, se souvient Stéphanie Dommange, directrice régionale de la SNCF. L’un d’eux est monté sur un wagon et un arc électrique s’est formé depuis la caténaire. Tout le monde a été très marqué par ce drame. » La même année, 55 personnes ont perdu la vie en France lors d’intrusions similaires sur des emprises ferroviaires (hors suicides).

Une campagne choc vers les lycéens

Pour « faire prendre conscience des risques » et « faire changer les comportements », la SNCF a donc lancé une campagne choc, renforcée par des interventions en lycées. Ce vendredi, elle était aux Savarières​, à Saint-Sébastien-sur-Loire, un établissement « touché par le décès d’un élève sur des voies ferrées il y a une dizaine d’années ». Au programme, explication des deux principales causes d’accidents mortels : la collision et l’électrocution.

« Même stationnés à l’arrêt, les trains peuvent être alimentés en haute-tension, raconte l’intervenant. Un courant à 25.000 volts, c’est 100 fois plus qu’à la maison, ça ne fait pas de cadeau. » « C’est chaud », lance l’un des élèves, étonné d’apprendre qu’il n’y avait « pas besoin de toucher la caténaire pour être électrocuté », une distance de 3 m suffisant.

Modes sur les réseaux sociaux

Dans la région nantaise, trois sites sont particulièrement exposés aux risques en raison de leur proximité directe avec la ville : la gare de Chantenay, la zone de triage de l’Etat (île de Nantes) et celle du Grand-Blottereau. Elles sont régulièrement visitées par des piétons cherchant un raccourci, un lieu pour faire la fête ou s’isoler.

« Les réseaux sociaux ont aussi amené des effets de mode, comme le train-surfing, qui consiste à s’agripper à un wagon roulant. Ou l'Urbex [exploration urbaine] », explique Julie Pla, responsable de la campagne de prévention. Les tagueurs et graffeurs sont également des victimes potentielles connues de longue date. « Beaucoup ne se rendent pas compte de l'effet de souffle au passage d’un train », déplore Julie Pla.

Nouveaux comportements dangereux

Entre septembre 2009 et juillet 2011, trois Nantais, âgés de 18 à 23 ans, onttrouvé la mort à la gare de fret de l'Etat, à deux pas du Hangar à bananes. Depuis, le site a été renforcé par plusieurs hauts grillages et même des barbelés très récemment. « On a beau mettre des pancartes, des caméras, des agents de surveillance, il faut régulièrement intervenir, regrette Stéphanie Dommange. Il y en a toujours qui bravent les interdits. D’où l’importance d’expliquer quels sont les risques. »

Au-delà de ces intrusions, la SNCF alerte aussi sur les nouveaux comportements dangereux observés en gare : « attendre son train en s’asseyant au bord du quai », « traverser les voies un casque sur les oreilles » ou « se déplacer à trottinette sur le quai ».