Nantes: Colères, joies, pleurs, Guigou, Maqueda... Arnaud Siffert refait ses 500 matchs en D1

INTERVIEW Le gardien de but nantais va jouer, ce mercredi soir (20h45), à Beaulieu, face à Chambéry, son 500e match en LNH…

David Phelippeau

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Arnaud Siffert, le 29 avril dernier après un succès contre Skjern.
Arnaud Siffert, le 29 avril dernier après un succès contre Skjern. — Mads Dalegaard / Ritzau Scanpix / AFP
  • Pour 20 Minutes, Arnaud Siffert, 40 ans dans un mois, passe en revue 20 ans de carrière au plus haut niveau à Paris, Dunkerque, Montpellier et Nantes.
  • Le gardien dévoile quel joueur il redoute le plus, celui qui est le plus fou, son plus grand moment de solitude, etc.

Un demi-millier. Ce mercredi soir, Arnaud Siffert, 40 ans dans un mois, va participer à son 500e de D1, lors de Nantes-Chambéry. Tout a commencé dans l’élite en septembre 1997 avec Massy à Pontault-Combault pour le gardien de but nantais. Ensuite, pendant pas loin de 20 ans, il peut se targuer d’avoir évolué dans 4 gros clubs français « de très haut niveau » : Paris (2000-2006), Dunkerque (2006-2011), Montpellier (2013-2016) et Nantes à deux reprises (2011-2013 puis 2016 à maintenant). « Je suis fier de la carrière que j’ai eue en club, estime Siffert. Quatre clubs, ce n’est pas tant que ça… J’ai été un bon joueur de club qui s’est mis au service des équipes dans lesquelles il a évolué. »

Le rempart nantais parle au passé car il se pourrait qu’il arrête sa carrière de handballeur professionnel en mai prochain. « Il va falloir se décider très vite [sur mon avenir]…», lance-t-il, avec le sourire. Retour sur ses 20 ans au plus haut niveau.

Plus grande complicité avec un gardien-partenaire ?

« Je me suis toujours entendu avec les gardiens avec qui j’ai joué. J’ai évolué avec les meilleurs : Omeyer, Martini, Gérard et maintenant Dumoulin. La meilleure complémentarité sportive et amitié, c’est sans doute avec Dumoulin. »

Le joueur le plus redouté ?

« Le Montpelliérain Guigou est un poison. C’est même le cas à l’entraînement… Je me suis entraîné 3 ans avec lui. Il est discret, sobre mais quand il shoote… Quand il joue au poste d’ailier, je n’arrive pas à trouver dans ma mémoire un arrêt face à lui que ce soit en match ou à l’entraînement. »

Le coéquipier plus fort ?

« Guigou encore. Il est tellement technique. Il ne paie pas de mine, mais il te bouffe le cerveau à chaque tir. »

Le partenaire le plus fou ?

« Maqueda, je ne sais pas s’il maîtrisait tout ce qu’il faisait… (rires) Gurbindo, c’est un clown, un gentil fou. »

L’adversaire préféré ?

« J’aime bien les arrières gros bourrins qui essaient de faire jouer la puissance. Les mecs un peu rustres. »

Le plus grand moment de solitude ?

« C’est en Coupe de France en février 2013 à Vernon [D2]. Je fais deux arrêts dans le match, Maggaiez [autre gardien de but] était blessé. On avait gagné [28-33] quand même, mais je m’étais senti seul, inutile et limite ridicule. »

Le plus grand moment de plénitude ?

« Ma fin de saison 2012-2013 avec Nantes. Je savais que ça allait bien se passer sur tous les matchs. [Arnaud Siffert signera à Montpellier ensuite] »

La plus grosse colère ?

« Il y en a tellement. J’essaie de me contenir avec les années qui passent. J’ai moins de coups de gueule cette saison et d’autres le font à ma place. Mais, mon dernier gros coup de colère, c’est la saison dernière à Dunkerque [défaite 30-22 en octobre 2017]. On se saborde en ne jouant pas. En rentrant au vestiaire, j’ai demandé au coach [Thierry Anti] de sortir et j’ai exprimé ma colère devant tout le groupe. »

La plus grosse émotion ?

« La finale de la Ligue des champions en mai dernier perdue [32-27] contre Montpellier. C’est la première fois où les larmes me sont venues après une défaite. Je ne vais pas dire que c’était inespéré de se retrouver là, mais en début de saison, on n’aurait jamais imaginé arriver en finale de la Ligue des champions. On jouait contre une équipe qu’on connaissait bien. C’était le moment ou jamais, même si j’espère qu’on va retourner à Cologne pour la gagner cette saison. J’ai appelé dès la fin du match mes enfants car je savais qu’ils étaient très tristes. Ce n’était pas la meilleure idée que j’ai eue car ce sont eux qui m’ont fait chialer ! »