Violences récurrentes à la Semitan

Guillaume Frouin - ©2008 20 minutes

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Le climat est lourd à la Semitan. Samedi après-midi, un contrôleur a eu le front entaillé, après un contrôle qui a dégénéré à l'arrêt Jamet (ligne 1). Un groupe de jeunes, qui stationnait devant le hard discount Netto, a profité de l'interpellation mouvementée d'un passager pour jeter canettes et bouteilles en verre en direction du tram.

Cette nouvelle agression fait suite à la condamnation, jeudi soir, d'un Ukrainien multirécidiviste de 16 ans à quatre mois de prison ferme et à son incarcération immédiate. Eméché, il avait frappé avec une bouteille de mousseux un agent de la Tan qui s'interposait... lors de l'agression d'une conductrice de tram, début mars, à l'arrêt Orvault-Morlière (ligne 3). « C'est une première, se réjouit Thierry, la victime. Jamais un mineur n'avait été incarcéré pour ce type de faits. J'espère que cela va faire réfléchir. » Ironie du sort, cette condamnation est survenue au lendemain du procès des auteurs, majeurs, de violences sur trois médiateurs à l'arrêt Janvraie, en marge d'une manif lycéenne le 29 novembre. Trois mois de prison ont été réclamés par le parquet, alors que le jugement sera rendu 2 juillet.

Face à ces actes récurrents de « violence gratuite », les syndicats hésitent pourtant à appeler à la grève. « Les salariés nous le demandent, mais c'est à double tranchant : cela peut conduire des jeunes d'autres quartiers à surenchérir, juge Jean-Noël Boureau (CFDT). Et puis, pour quelques agresseurs, on embêterait toute une population. »