Nantes: Des propositions concrètes pour réduire les nuisances de l'aéroport

TRANSPORTS Deux associations opposées à l'ex-projet de Notre-Dame-des-Landes se disent affligées par les divisions entre élus locaux...

Frédéric Brenon

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Un avion décolle depuis l'aéroport Nantes-Atlantique.
Un avion décolle depuis l'aéroport Nantes-Atlantique. — JS Evrard/Sipa
  • Le CéDpa et l’Atelier Citoyen ont combattu le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
  • Ils craignent que les dissensions entre élus entraînent de mauvaises décisions pour la protection des riverains survolés par les avions.

Elles s’étaient faites discrètes depuis l’abandon officiel du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Mais les incertitudes entourant le réaménagement de l’aéroport Nantes-Atlantique ont fait sortir de leurs gonds ces deux associations bien connues pour leurs contre-propositions. Le Collectif des élus opposés au transfert de l’aéroport ( CéDpa) et l' Atelier Citoyen pour l'optimisation de l'aéroport Nantes-Atlantique se disent en effet « atterrés » par les dissensions entre élus locaux.

« Certains ne veulent pas envisager le moindre allongement de la piste, d’autres refusent un couvre-feu, d’autres reparlent d’un transfert… On a l’impression que chacun vient avec sa liste de course sans véritablement tenir compte de l’ensemble des riverains souffrant du bruit. Aucune leçon ne semble avoir été tirée du fiasco Notre-Dame-des-Landes », s’agace François Verchère, coprésidente du CéDpa.

Les services de l’Etat, en particulier la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), ne trouvent pas davantage grâce à leurs yeux. « La DGAC continue d’imposer ce qu’elle veut, en toute opacité. Aux dernières nouvelles, elle aurait décidé la mise en place d’un ILS (système de guidage des avions) de catégorie 3 pour les atterrissages par le nord, ce qui occasionnerait un changement de trajectoire. Les appareils arriveraient tout droit en survolant l’Erdre alors qu’ils approchaient auparavant par l’est. Déplacer la zone de bruit relancerait la polémique et les divisions entre habitants. C’est inutile ! »

Piste allongée au sud, plan de gêne sonore élargi…

Le CéDpa et l’Atelier Citoyen ont d’autres propositions à formuler pour réduire les nuisances sonores. Ils réclament tout d’abord un plan de gêne sonore (lequel déclenche des indemnités pour les travaux d’isolation acoustique des habitants survolés) aux « règles transparentes » et tenant compte d’une zone élargie « car les avions ne respectent pas toujours la trajectoire ».

Ils suggèrent également d’allonger la piste vers le sud sur une distance d’environ 200 m. « Plus on atterrit loin, moins on survole bas, moins fortes sont les nuisances, justifie Jean-Marie Ravier, ingénieur et membre de l’Atelier citoyen. Cet allongement profiterait aux riverains vivant au nord de la piste [Bouguenais, Rezé, Nantes], qui sont les plus nombreux, et n’aurait aucune conséquence pour les habitants du sud [Saint-Aignan-de-Grandlieu]. » Un allongement de piste de 800 m, tel qui serait envisagé par la DGAC, n’est, lui, « pas jugé nécessaire ».

Montée au décollage, couvre-feu

Les deux associations préconisent aussi d’étudier une montée rapide dans l’axe au décollage avant de procéder au virage bruyant pour les habitants de Rezé et Bouguenais en particulier. « Ça devrait déjà se passer comme ça, l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (Acnusa) dit la même chose », s’étonne Jean-Marie Ravier.

Elles demandent l’interdiction totale des vols de nuits, comme cela se fait à Beauvais, Bâle-Mulhouse, Genève ou Venise. « Ces gros aéroports sont la preuve qu’un couvre-feu est possible sans nuire à l’attractivité économique », insiste Françoise Verchère. Enfin, le CéDpa et l’Atelier citoyen réclament l’installation de stations supplémentaires de mesures de bruit dans les zones survolées et la distribution de formulaires de réclamation.