FC Nantes: «Une situation plus grave que ce que j'imaginais», diagnostique Vahid Halilhodzic

FOOTBALL L'entraîneur nantais s'est confié pendant plus de 40 minutes avant la réception de Toulouse, samedi à 20h...

David Phelippeau

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Vahid Halilhodzic.
Vahid Halilhodzic. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Le FC Nantes (19e) accueille Toulouse, samedi à 20h, à la Beaujoire.
  • Ça sera le deuxième de Vahid Halilhodzic sur le banc du FCN.
  • Ce jeudi, l’entraîneur nantais a dressé un tableau sombre de la situation du club, et bien au-delà des résultats sportifs.

Intarissable. Avant la réception de Toulouse samedi (20h), à la Beaujoire, Vahid Halilhodzic a dépeint un tableau relativement sombre du FCN (19e de L1), dont il est le nouveau coach depuis une quinzaine de jours. Déjà après la déroute bordelaise (3-0) il y a dix jours, il avait tiré la sonnette d’alarme. Il a remis cela ce jeudi en conférence de presse en dressant un état des lieux très noir de la situation et adressant quelques petits tacles à son prédécesseur ( Miguel Cardoso). Une façon de se dédouaner plus facilement en cas d’échec en fin de saison en cas de relégation ? Ou de passer pour un sauveur plus éblouissant encore en cas de réussite à l’issue de l’exercice 2018-2019 ? Morceaux choisis.

Bordeaux, « ça m’a choqué »

« Après le match de Bordeaux, j’étais choqué. On a vu un tracteur contre un TGV. Il faut plus d’agressivité, de combativité, je n’ai pas vu beaucoup ça à Bordeaux et ça m’a touché. On perdait les duels, les sprints, etc... L’état physique de mes joueurs ? Je ne préfère pas entrer dans les détails. Depuis 10 jours que je suis là, j’ai découvert beaucoup de choses qui sont bien et moins bien. Cette équipe peut faire beaucoup mieux, mais la situation est très complexe. Et si on n’est pas conscient de ça, ça peut mal se passer. Je pense qu’on est sur le bon chemin, mais il faut de la patience car ce n’est pas pour tout de suite. Je veux changer pas mal de choses. »

Une institution en danger, un appel au soutien

« Je suis un peu attristé pour le FC Nantes. Ce club est un monument, une référence, pas seulement en France, mais aussi en Europe. Est-ce que je vais réussir ? Je ne sais pas, mais je n’ai pas peur du défi. Je vais essayer, mais je veux aussi faire un appel. Aux médias. Vous, vous pouvez critiquer, mais ne cherchez pas dans les poubelles. On a aussi besoin du soutien de nos supporters, surtout en ce moment. J’ai entendu parler d’une grève de chants, je ne pense pas que ça soit la solution. Je demande solennellement du soutien car cette saison peut être beaucoup plus compliquée que ce que certains pensent. La situation est beaucoup plus grave que ce que j’imaginais. Le club a besoin de plus de stabilité et de beaucoup de travail. »

Vahid, là pour longtemps ?

« Je sais que je suis là pour donner un coup de main, pour empêcher le FCN d’aller en Ligue 2. Ce club en L2, ce n’est pas possible. On va essayer de redresser la situation. Combien de temps Vahid va-t-il rester ? Je ne sais pas. Je vous dis seulement que je peux gagner dix fois plus que ce que je gagne au FCN. Si je n’y arrive pas, ça sera facile pour moi de partir. Depuis que je suis arrivé à Nantes, j’ai eu des propositions. Si je vous disais combien on m’a proposé sur le plan salarial, vous diriez que je suis fou. En tout cas, il va falloir de la patience, ça ne marchera pas tout de suite. »

Renouer les liens avec la formation

« L’image de Nantes, c’est la formation. L’entraîneur avant [Miguel Cardoso] n’avait même pas donné la permission aux formateurs de venir voir les entraînements des pros. La formation, c’est une tradition, une culture. Tout le monde est bienvenu dans mon bureau. La relation entre la formation et les pros a été coupée. Il faut qu’on collabore. Les formateurs pourront venir assister aux entraînements, venir discuter avec moi. On fait partie d’une même famille. Est-ce que cette famille existe ? Je ne sais pas. Je veux essayer de renouveler ça, je veux insister là-dessus. »

Sa proximité avec les joueurs et son implication pendant les entraînements

« D’autres entraîneurs font différemment. Certains sont des professeurs, des philosophes… Certains mettent même des lunettes. Moi, je suis un peu différent. Je ne sais pas ce qui est mieux. Mais, en tout cas, j’adore le foot, j’adore expliquer. Ça, c’est ma passion. C’est mieux que la célébrité. »