Loire-Atlantique: Réservistes, ils consacrent leur temps libre à la gendarmerie

SECURITE Près de 500 habitants de Loire-Atlantique renforcent plusieurs fois par an les gendarmes professionnels en tant que réserviste…

Frédéric Brenon

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Des réservistes écoutent le briefing du commandant de la compagnie de Rezé.
Des réservistes écoutent le briefing du commandant de la compagnie de Rezé. — F.Brenon/20Minutes
  • En Pays de la Loire, on compte 1.340 réservistes de la gendarmerie nationale.
  • Ces hommes et femmes volontaires renforcent ponctuellement les services de la gendarmerie.
  • Leur présence est augmentée depuis les attentats terroristes de 2015 et 2016.

Ils sont étudiant, conducteur de bus, magasinier ou créateur d’entreprise. Ce mercredi, ils ont participé à une opération de prévention contre les cambriolages pour le compte de la compagnie de gendarmerie de Rezé. Comme eux, près de 500 habitants de la Loire-Atlantique ont fait le choix de consacrer une partie de leur temps libre à la gendarmerie nationale en qualité de réserviste.

Au même titre que les professionnels, ils patrouillent, contrôlent, interpellent, conduisent des enquêtent parfois, sur le terrain ou en caserne. Un engagement volontaire, célébré par l’Etat jusqu’au 11 novembre, qui a connu un net regain d’adhésion après les attentats terroristes de 2015 et 2016.

« Je n’avais pas du tout le profil militaire »

« J’ai eu le déclic en écoutant un discours de François Hollande qui parlait d’engagement citoyen, de soutien à la patrie. Je me suis dit que c’était le moment de faire quelque chose. Mon entourage était très surpris parce que je n’avais pas du tout le profil militaire. Mais, aujourd’hui, je suis allé au bout de mon idée et j’en suis très fier », raconte Pierre-Edouard Borsato, 38 ans, en cours de création d’entreprise dans la maroquinerie.

Des réservistes en patrouille à Bouaye.
Des réservistes en patrouille à Bouaye. - Gendarmerie nationale

Nicolas Lemée, conducteur à la Semitan, s’est engagé après la tuerie de Nice « pour être utile ». Après avoir passé brillamment les tests communs d’évaluation, il a suivi une formation théorique et pratique de quatre semaines, incluant le maniement d’une arme. Car même les réservistes en portent, contrairement aux idées reçues. « C’est un outil de dissuasion qui fait partie intégrante de l’uniforme », considère-t-il.

« A mes débuts, ma femme avait un peu d’appréhension, ajoute-t-il. Je lui ai expliqué qu’on ne nous laissait jamais seul dans la nature. Et ça se passe bien. » Il y a six mois, il a participé à l'évacution de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes « mais sans aller au conflit ».

Libres d’accepter une mission ou non

Maude Baudouin, étudiante en fac de droit, 20 ans, s’est engagée pour « découvrir les métiers de la gendarmerie », un secteur qui l’attire. Depuis un an, elle a offert près de 80 jours à la réserve. C’est plus que la moyenne des réservistes (24 jours par an) en Loire-Atlantique. Le minimum demandé étant cinq jours de présence par an, le maximum 150. « Chacun fait en fonction de ses disponibilités », justifie la jeune femme. « On nous propose des missions dans le département via un planning numérique. Si ça nous intéresse, on se porte volontaire », précise Stéphane Pichot.

Lui est un ancien gendarme. Ils sont nombreux dans cette situation dans la réserve. « Après vingt-deux ans de carrière, je ne me voyais pas décrocher tout de suite, sourit le quinquagénaire. La réserve permet de rester dans l’institution en rencontrant des nouveaux profils. On apporte notre expérience. C’est enrichissant. » « Les réservistes sont un appui essentiel pour les services de la gendarmerie. On ne peut pas faire sans eux », insiste David Bolze, commandant de la compagnie de gendarmerie de Rezé.

 

Rémunération

Pour être réserviste de la gendarmerie, il faut être âgé entre 17 et 50 ans. Une contrepartie financière est versée aux volontaires. Elle va de 53 euros par jour à 183 euros, selon le grade et la situation de famille.