Nantes: De nouveaux vélos à louer rapidement retirés

TRANSPORTS Pony Bikes, société de vélos en « free floating », a tenté de s’installer en centre-ville lundi et mardi. Avant de se heurter à la mairie…

Frédéric Brenon

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Des vélos en libre-service Pony Bikes à Nantes.
Des vélos en libre-service Pony Bikes à Nantes. — F.Brenon/20Minutes

Contrairement à d’autres grandes villes françaises, il n’y avait pas eu à Nantes de sociétés de vélos en « free floating », c’est-à-dire proposant des bicyclettes en libre-service, sans station, directement sur l’espace public. Du moins jusqu’à cette semaine.

Déjà présente à Angers, l’entreprise Pony Bikes a en effet fait une brève apparition lundi et mardi. Ses 18 vélos à louer et à décrocher via une application mobile ont été positionnés près de la gare et près du Carré Feydeau. Avant d’être retirés mardi en fin de journée sur demande expresse de la mairie de Nantes.

« La transition est inéluctable », considère Pony Bikes

« Nous ne sommes pas favorables à ce système qui encombre l’espace public. Au bout de quelque temps, ça devient l’anarchie puisque l’usager peut laisser son vélo où il veut. C’est aussi une concurrence déloyale pour notre service de location​ organisé et de qualité (Bicloo) », justifie Thomas Quéro, adjoint au maire de Nantes.

« Nous ne voulons pas passer en force. Le but c’était de se faire remarquer et de susciter le dialogue. La transition vers cette offre alternative est inéluctable. On aimerait pouvoir en discuter avec la ville mais elle refuse de nous recevoir », réagit Paul-Adrien Cormerais, cofondateur de Pony Bikes, qui revendique une dizaine de locations en deux jours d’essai.

Food-truck, vélo, trottinette logés à la même enseigne ?

Pour se distinguer de ses concurrents souvent asiatiques, Pony Bikes s’appuie sur un modèle original : les vélos en libre-service ont été préalablement vendus à des particuliers au tarif de 195 euros l’unité. Ces derniers les proposent ensuite à la location sur l’espace public au tarif de 0,80 euro les 30 minutes d’utilisation. A chaque trajet, le propriétaire perçoit 0,32 euro, Pony Bikes le reste.

« C’est un système efficace, qui ne nécessite pas de subvention et qui, en plus, apporte des compléments de revenus à des habitants », argumente Paul-Adrien Cormerais. « Quel que soit le modèle économique, il est interdit d’installer une activité économique sur l’espace public nantais sans autorisation, insiste l’adjoint au maire. Ça vaut pour un vide-greniers, pour un food-truck comme pour de la location de vélos ou de trottinettes. »

A Angers, Pony Bikes affirme avoir vendu 180 vélos à une centaine de personnes depuis mars 2018. Ces bicyclettes auraient déclenché environ 70 000 locations.