Nantes: Derniers jours pour l'expo sur les impressionnistes au musée d'arts

RETROSPECTIVE l'exposition racontant la programmation polémique des impressionnistes au salon d'art de Nantes de 1886 s'achève dimanche...

Frédéric Brenon

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Cyrille Sciama, conservateur au musée d'arts de Nantes, devant «La fin du déjeuner» de Renoir.
Cyrille Sciama, conservateur au musée d'arts de Nantes, devant «La fin du déjeuner» de Renoir. — F.Brenon/20Minutes

En octobre 1886, la ville de Nantes organisa un salon d’art réunissant des artistes académiques confirmés (Delaunay, Gérôme, Merson…) et un groupe de nouveaux venus, adeptes d’un style pictural avant-gardiste, dont les noms allaient devenir mondialement célèbres : Renoir, Gauguin, Pissaro, Seurat, Sisley, Stevens, Rodin…

Malgré les « critiques virulentes » visant ces impressionnistes, le salon fut un immense succès : près de 100.000 personnes le visitèrent. Cent trente-deux ans plus tard, le musée d’arts de Nantes propose de redécouvrir cet événement méconnu à travers une exposition. Ouverte depuis le 12 octobre, elle s'achève dimanche. Plus de 112.000 visiteurs ont déjà parcouru ses allées.

Renoir, Cézanne, Rodin, Monet…

Intitulée « Le scandale impressionniste », elle met en avant 70 peintures et sculptures sur les 1.800 œuvres présentées en octobre 1886. « Une moitié était à Nantes, parfois cachée dans les réserves. L’autre moitié, on est allé la chercher auprès de collections publiques et privées en France et à l’étranger. Ça n’a pas été facile mais la pertinence du projet a convaincu les propriétaires », se réjouit Cyrille Sciama, commissaire scientifique de l’exposition.

Cyrille Sciama, conservateur au musée d'arts de Nantes, devant «Portrait de Gustave Geffroy» par Paul Cézanne.
Cyrille Sciama, conservateur au musée d'arts de Nantes, devant «Portrait de Gustave Geffroy» par Paul Cézanne. - F.Brenon/20Minutes

Vilipendées à l’époque pour leur « modernité audacieuse », plusieurs huiles sur toile d’Armand Guillaumin, Alfred Sisley et Georges Seurat font partie des œuvres remarquables exposées. Un portrait de Paul Cézanne et un buste d’Auguste Rodin, représentant tous deux le critique d’art Gustave Geffroy, défenseur de l’impressionnisme, sortent également du lot. De même que des tableaux signés Alfred Roll et Jean-Joseph Benjamin-Constant, critiqués, eux, « pour leur érotisme ».

«Route à Damiette», d'Armand Guillaumin, au musée d'arts de Nantes.
«Route à Damiette», d'Armand Guillaumin, au musée d'arts de Nantes. - Musée d'arts de Nantes

On trouve aussi une marine de Claude Monet, qui a curieusement boudé le salon nantais au profit d’un séjour à Belle-Île-en-Mer. Mais le chef-d’œuvre de l’exposition est sans aucun doute La Fin du déjeuner d’Auguste Renoir, prêté par le Städel museum de Francfort (Allemagne), acquise à l’époque par l’armateur nantais Louis Flornoy, un collectionneur influent de l’école impressionniste.

« Ce salon à Nantes contribua à changer le regard des collectionneurs et du grand public sur l’art moderne, estime Cyrille Sciama. C’était aussi la dernière fois que tous ces impressionnistes étaient réunis ensemble. Le mouvement va se disperser après ce coup d’éclat. »