HBC Nantes: Le Rennais Doré est bien obligé de l'avouer: «Tu ne peux pas rivaliser avec le HBCN!»

INTERVIEW Le Rennais porte un regard admiratif sur la trajectoire de son club voisin-ennemi...

David Phelippeau

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Benoît Doré face au HBCN.
Benoît Doré face au HBCN. — S.Artu / HBCN
  • Le HBC Nantes accueille Cesson ce mercredi à 20 h 30, à Beaulieu.
  • Benoît Doré, le plus Rennais des Cessonnais, raconte ses derbys contre Nantes depuis plus d'une décennie.

Il les compte sur les doigts de plusieurs mains tous ses derbys. L’ailier gauche de Cesson-RennesBenoît Doré (34 ans) va encore une fois retrouver, ce mercredi soir (20 h 30), à Beaulieu, le HBC Nantes. Le HBCN, le club voisin et « ennemi » avant tout. Arrivé à 18 ans en IIle-et-Vilaine (un court passage de 2008 à 2010 à Ivry), l’ailier, originaire de Lanester (Morbihan), garde des souvenirs impérissables de ses duels entre Nantes et Cesson. Qui de mieux placé que lui donc pour commenter la trajectoire ascendante du « H » ?

Jouer contre Nantes, ça représente quoi pour vous ?

Aujourd’hui, Nantes est une des grosses équipes de ce championnat. Le derby n’a plus forcément la même saveur qu’il y a quelques années où le HBCN boxait dans la même catégorie que Cesson. On a eu beaucoup de duels en D2 avant d’en avoir en D1. La notion de derby avait plus de saveur en deuxième division car c’était une vraie confrontation entre des joueurs nantais et des joueurs rennais.

Ça donnait quoi des derbys en D2 ?

A l’époque, on se connaissait tous entre Nantais et Rennais. On jouait d’ailleurs ensemble l’été à des tournois de sandball. On avait l’impression que c’était le match de l’année qu’il fallait gagner pour être peinard toute la saison. Tu gagnais à Nantes ou Cesson contre le « H », tu étais tranquille. En face, il y avait Labarre, Fabre, Stephant, Pagès, Moualek, Gormit etc. C’était de la boucherie. Il fallait d’abord montrer que t’étais là physiquement… En D1, c’était déjà moins des derbys. Nantes a vite renouvelé tout son effectif et déjà, ça commençait à être l’« usine » que c’est aujourd’hui.

Vous avez l’évolution ascendante du HBCN ?

On a vu Mangin vide en D2 quand Nantes venait de monter puis plein lors de la saison de la montée [2008]. Nantes a été Cesson à un moment. Les courbes des deux clubs se sont croisées à un moment. Cesson a sans aucun doute beaucoup moins bien évolué que Nantes. Quand je vois où est le HBCN aujourd’hui, respect. Le « H » a deux titres [Coupe de la Ligue en 2015 et Coupe de France en 2017] et une finale de Ligue des champions [la saison dernière], quand nous, on n’a toujours rien.

Qu’est ce qui a fait basculer le HBCN dans une autre dimension que Cesson ?

Clairement, la salle de Beaulieu leur a fait un bien fou. Passer de 1.500-2.000 personnes à Mangin à plus de 4.000 à Beaulieu, forcément le budget augmente. Le nôtre a stagné. Nantes a eu le nez en proposant une grande salle très vite.

Il y a une stabilité au niveau du coach (Thierry Anti] depuis 2009 au HBCN…

Oui et Anti reste un des tops entraîneur français depuis quelques années. Pendant ce temps-là, à Cesson, on a eu trois coachs différents en quelques années Christman [départ en 2014], Sylla [2014-2018] puis Gaudin.

Nantes est désormais dans une autre sphère ?

Aujourd’hui, il y a un championnat à 3 voire à 4 ou 5 qui se dessine. Il y a Paris, Montpellier, Nantes et peut-être Saint-Raphaël et Dunkerque. Quand tu vas à Beaulieu maintenant, tu ne dis pas que tu vas aller prendre des points, mais que tu vas essayer de faire un bon match et après on verra ce qu’il se passe. Ce n’est plus comme avant. Tu ne peux plus rivaliser avec Nantes.

Avez-vous des souvenirs marquants de derbys ?

Plus récemment, quand Nantes avait déjà de très bons résultats, on les avait battus chez nous [en 2015]. A l’époque, il y avait une guerre des clochers entre les dirigeants avec pas mal de déclarations dans la presse. Ça nous avait fait un bien fou de gagner ce match !

Et le Rennais (d’adoption) que vous êtes a-t-il failli un jour rejoindre le HBCN ?

J’ai eu des contacts car Nantes cherchait un ailier gauche à une époque. C’est finalement Valero Rivera qui était arrivé [2010]. On se pose toujours la question quand on est Rennais : est-ce que j’ai le droit d’aller là-bas ? Si j’avais su que Nantes en serait là aujourd’hui, je ne me serais peut-être pas posé de questions… (rires)