Nantes: Nouveaux horaires, travaux, saturation... Les piscines ne font plus l'affaire

EQUIPEMENTS Les six piscines nantaises peinent à satisfaire les usagers, de plus en plus nombreux...

Julie Urbach

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Un enfant à la piscine Jules-Verne à Nantes.
Un enfant à la piscine Jules-Verne à Nantes. — archives F. Elsner / 20 Minutes
  • Les horaires d'ouverture pour le grand public de la piscine Jules-Verne ont été rabotés en cette rentrée.
  • Le manque de piscines, après une année chargée en travaux, se fait de plus en plus sentir chez les usagers, scolaires et associations.

Elle a trouvé porte close. Anne, habituée de la piscine Jules-Verne, ne pourra plus faire ses longueurs le vendredi après-midi. Depuis la rentrée et en toute discrétion, l’établissement a modifié ses horaires d’ouverture au grand public, en supprimant notamment les nocturnes et le créneau du samedi matin. « C’est incompréhensible, réagit la nageuse. Surtout que depuis plusieurs années, l’accès aux piscines est difficile avec les multiples fermetures pour cause de travaux ! » 

En ce moment, c’est la piscine de la Petite-Amazonie qui est inaccessible, et ce jusqu’au 17 novembre. Après une année compliquée marquée par la fermeture estivale de celle des Dervallières en raison d’aléas techniques, et des soucis réguliers à Léo-Lagrange...

Une réorganisation en fonction de la fréquentation

Avec six piscines (un million d'entrées en un an), la cité des ducs n’est pourtant pas si mal lotie. Mais les équipements vieillissent alors que la demande des usagers, associations et scolaires, elle ne fait qu’augmenter. Du coup, il a fallu se réorganiser. « Nous avons optimisé les horaires d’ouvertures pour les adapter au mieux à la fréquentation réelle, explique Ali Rebouh, adjoint au maire de Nantes, en charge du sport. Nous avons donné au grand public l’exclusivité d’usage sur l’heure de midi, où il y a de plus en plus de monde. Les créneaux du soir, qui attirent moins, ont été réattribués aux clubs. Il faut aussi trouver de la place pour les scolaires, et pour les cours de natation à destination des publics éloignés. » Au total, l’ouverture au public a été réduite de 430h par an, à Jules-Verne surtout et, à la marge, à le Petite-Amazonie et à la Durantière.

Cette réorganisation, à moyens constants, ne semble pas faire l’unanimité. « Les agents sont interpellés régulièrement par les usagers payants car les plages d'ouverture ne sont pas adaptées à leurs besoins. Cette situation peut entraîner des tensions entre les usagers et le personnel », dénonce-t-on à la CGT ville de Nantes. « On a été mis devant le fait accompli, regrette de son côté Jean-Luc Vallière, le directeur de l’école nantaise de natation, qui compte 1.800 adhérents. Des cours ont été supprimés car les nouveaux horaires ne convenaient à personne. Mais le problème dure depuis plusieurs années et va en s’empirant. Il nous faudrait deux nouvelles piscines à Nantes pour honorer toutes les demandes que l'on a ! »

Nouveau bassin

Alors, y a-t-il vraiment de la place pour tout le monde ? « On va arriver à saturation dans les prochaines années, reconnaît Ali Rebouh. On commence déjà à travailler avec les autres villes de la métropole pour réorienter certains scolaires, alors que de nouvelles écoles sont programmées. En attendant, les piscines sont tout de même ouvertes 7j sur 7, avec une très grande amplitude. Depuis 2015, et même si cela demande des périodes de fermeture, je rappelle que plus de 5,5 millions d’euros ont été investis pour leur entretien. » 

Selon Ali Rebouh, la construction d’un nouvel équipement digne de ce nom (une pétition pour la création d’une piscine olympique à Nantes circule en ce moment sur Internet) coûterait dix fois plus cher. « On ne ferme pas la porte mais la ville ne pourra pas porter seule ce projet », prévient l’élu. En parallèle, une réflexion sur la création d’une piscine de loisirs est lancée. Un bassin flottant pourrait voir le jour au canal Saint-Félix.

A l'échelle de Nantes métropole, le taux d'équipements est inférieur à la moyenne des autres agglomérations: il est de 1,4m2 de bassin pour 100 habitants, contre 1,6. Le projet d'une nouvelle piscine intercommunale à Bouaye, au sud de l'agglo, est actuellement en débat.