Notre-Dame-des-Landes: Sur la ZAD, on ironise sur la possible venue d'Amazon

NOTRE-DAME-DES-LANDES Le géant américain du commerce en ligne pourrait ouvrir deux plateformes logistiques à Grandchamp-des-Fontaines...

Frédéric Brenon

— 

Le logo de l'entreprise Amazon
Le logo de l'entreprise Amazon — Michel spingler/AP/SIPA

La possible venue d’Amazon à Grandchamp-des-Fontaines [l’enseigne projetterait d’installer deux grosses plateformes logistiques accompagnées de la création de 1.700 emplois] fait déjà beaucoup causer dans l’agglomération nantaise. C’est aussi le cas sur la ZAD Notre-Dame-des-Landes, éloignée d’une dizaine de kilomètres à peine du lieu d’installation pressenti. Dans ce secteur où le combat contre l’aéroport flirtait fréquemment avec la lutte contre le monde capitaliste, l’arrivée du géant américain n’enchante pas.

« Le symbole de l’ultra capitalisme à deux pas de chez nous »

« On a découvert ça dans la presse avec étonnement, confie Clémence, qui vit sur la ZAD depuis trois ans. C’est un grand symbole du capitalisme moderne, du précariat absolu, de l’automatisation des tâches, de la disparition des petits commerces. » A ses côtés, Benoît confirme et complète. « On essaie de déployer ici une expérience qui cherche à sortir de l’économie marchande capitaliste classique, de trouver d’autres formes de rapport au travail, et là c’est sûr qu’il y a une espèce de paradoxe à mettre peut-être à deux pas de chez nous le symbole de l’ultra capitalisme dans tout ce qu’il a de pire. C’est à l’extrême opposé de ce qu’on essaie de mettre en place. »

Willem, éleveur sur la ZAD, se montre davantage provocateur, tout en gardant le sourire. « C’est un peu ambitieux de lancer ça ici parce qu’on est toujours là. On a des gros tracteurs à proximité du site. Il y a plein de gens démobilisés de la lutte anti-aéroport qui cherchent des occupations… »

« On a déjà suffisamment à faire sur la ZAD »

De là à imaginer une nouvelle lutte ces prochains mois ? « Non, on a déjà suffisamment à faire sur la ZAD, tempère Benoît. Mais il y a des luttes contre ce type de plateforme dans plein de pays. » « On n’a pas forcément l’énergie », abonde Willem.

L’association de soutien NDDL Poursuivre ensemble indique qu’elle sera « vigilante », comme elle l’est pour soutenir la lutte aux « grands projets inutiles ». Mais elle n’ambitionne pas autre chose à ce stade. « Peut-être que de futurs démontages d’Amazon deviendront aussi célèbres que des démontages de McDo, on ne sait pas », rigole l’une des membres.