Notre-Dame-des-Landes: La ZAD se remobilise avant un mois d'octobre qui «inquiète»

AGRICULTURE Les occupants de la ZAD et leurs soutiens organisent un événement ce week-end, à quelques jours d'un comité de pilotage attendu...

Frédéric Brenon
— 
Les occupants de la ZAD organisent deux jours d'animations sur le site les 29 et 30 septembre 2018.
Les occupants de la ZAD organisent deux jours d'animations sur le site les 29 et 30 septembre 2018. — L.Venance/AFP
  • La ZAD de Notre-Dame-des-Landes avait été en partie expulsée au printemps par les forces de l'ordre.
  • Quinze projets agricoles bénéficient d'une convention d'occupation précaire accordée par l'Etat.
  • De nombreux porteurs de projets et occupants demeurent sans statut régularisé.

Près de six mois après le démantèlement musclé d’une partie de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes par les forces de l’ordre, les occupants de l’ex-future zone aéroportuaire et leurs soutiens organisent deux jours de rassemblement et d’animations, ce week-end, sur le site. Objectif : « défendre le bocage et l’état d’esprit particulier qui a conduit à l’abandon du projet d’aéroport ». Mais aussi « mettre la pression » sur l’Etat, la chambre d’agriculture et les collectivités concernées avant la tenue, le 12 octobre, d’un nouveau comité de pilotage très attendu portant sur la gestion des terres.

Car si les dernières semaines ont été « calmes », si les routes reliant Notre-Dame-des-Landes à Vigneux-de-Bretagne ne sont plus entravées par des obstacles, si de nombreux occupants ont quitté les lieux, la situation administrative des 150 à 200 habitants de la ZAD est loin d’être réglée.

Conflits d'usage et manque de place

Quinze projets agricoles répartis sur 170 hectares disposent depuis le mois de mai de conventions d’occupation précaire (COP) accordées par l’Etat, propriétaire des parcelles. Mais certains exploitants agricoles de la ZAD ne bénéficient pas de COP, principalement en raison de conflits d’usage avec des agriculteurs sur le retour revendiquant les mêmes terres. « L’Etat n’a pas encore fait d’arbitrage. Plus le temps passe, plus la situation devient problématique », s’impatiente Willem, éleveur à Saint-Jean-du-Tertre.

Des occupants de la ZAD et leurs soutiens avant l'événement «Terres communes» le 29 et 30 septembre 2018.
Des occupants de la ZAD et leurs soutiens avant l'événement «Terres communes» le 29 et 30 septembre 2018. - F.Brenon/20Minutes

D’autres disent « manquer de place », à l’image du boulanger qui ne « sait pas où il va planter ses céréales à l’automne ». « Il faudrait au moins le double de surface pour développer et consolider les projets d’aujourd’hui », évalue Clémence, qui vit sur la ZAD depuis trois ans. Quant aux projets artisanaux ou culturels (bibliothèque, forge, formation aux métiers du bois…), ils restent dans l’attente d’une régularisation.

« Ce qu'on demande, c'est de la stabilité »

« L’administration a voulu aller vite vite sans tout faire bien. Mais si le comité de pilotage d’octobre fixe des choses mal faites, ça ne va pas le faire », redoute Willem. Les « zadistes » craignent aussi pour l’avenir des bois et forêts de la zone. « On veut qu’ils soient préservés et qu’ils puissent être gérés en commun. » Et s’inquiètent à plus long terme pour le maintien des habitats, aux formes actuelles diverses (maisons, caravanes, cabanes…).

« Les discussions sur l’habitat se feront avec les communes dans le cadre du plan local d’urbanisme », indique Clémence. « Sur tous ces sujets, ce qu’on demande, c’est de la stabilité, conclut Willem. Ça va de pair avec le calme réclamé par le gouvernement. »