Nantes: «Plus aucune occupation sauvage ne sera tolérée», prévient Johanna Rolland

MIGRANTS La mairie de Nantes a justifié le transfert organisé des 700 migrants du square Daviais vers des gymnases de la ville...

Frédéric Brenon

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Johanna Rolland, jeudi 20 septembre à Nantes.
Johanna Rolland, jeudi 20 septembre à Nantes. — S.Salom-Gomis/Sipa

Installés depuis plusieurs semaines dans des tentes plantées au square Daviais, près de 700 migrants ont été évacués ce jeudi matin à la demande de la mairie de Nantes. Les réfugiés ont été transférés vers cinq gymnases nantais où ils seront logés pendant plusieurs jours. La maire de Nantes, Johanna Rolland (PS), a justifié cette opération « exceptionnelle ». Morceaux choisis.

Pourquoi la ville a décidé d’agir. « Ce matin ce sont 668 personnes qui ont été prises en charge par la ville, deux mineurs isolés pris en charge par le département et 28 personnes vulnérables prises en charge par l’Etat. Ces hommes et ces femmes sont aujourd’hui à l’abri. On fournit aussi des repas. Ce n’est pas notre compétence, on va au-delà de nos responsabilités, mais c’était une nécessité. Ce n’est pas une question de charité, c’est une question de droit. En France, les demandeurs d’asile doivent être mis à l’abri. »

Gymnases libérés début octobre. « Oui nous faisons un choix qui est important. Mais ce choix ne peut être que temporaire. La mise à l’abri dans les gymnases ne pourra pas dépasser début octobre. Nous avons repéré plusieurs lieux, une partie sur Nantes, une partie sur le département pour permettre aux migrants d’être mis à l’abri dans des conditions satisfaisantes. Certains de ces lieux appartiennent à la ville, d’autres nous ont été proposés par des acteurs. Je suis confiante, on a préparé cette opération, ils seront libérés à temps. »

L’Etat doit vite prendre le relais. « Très vite, l’Etat doit prendre le relais et trouver des solutions durables. Sur ce sujet, quand on tergiverse, on fait le jeu des extrémistes. C’est de la responsabilité de l’Etat de mettre en place un plan d’urgence et de créer des places en CADA. C’est impératif car si on ne regarde pas le problème de manière globale on ne pourra pas avancer. »

Plus de bidonville à Nantes. « Plus aucune occupation sauvage sur l’espace public ne sera tolérée. C’est très clair. Humanité oui, mais aussi responsabilité. »

Le travail des assos, le plus beau visage de Nantes. « Je salue le travail des associations et des collectifs dans leur grande diversité. Certains Nantais sont venus donner des cours de français, d’autres ont aidé à la cuisine, d’autres ont amené des vêtements… Moi je considère que c’est le plus beau visage de Nantes. Je suis fière qu’on soit dans une ville où la peur de l’autre ne gagne pas. Je vais installer un comité de suivi pour qu’on puisse travailler main dans la main. »

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