Nantes: «Merci, merci, merci», les migrants de Daviais à l'abri dans cinq gymnases

MIGRANTS Le transfert des 700 migrants du bidonville s'est effectué ce jeudi matin....

Julie Urbach

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Le gymnase Léo-Lagrange à Nantes accueille 40 des 700 migrants de Daviais
Le gymnase Léo-Lagrange à Nantes accueille 40 des 700 migrants de Daviais — J. Urbach/ 20 Minutes
  • L'évacuation du square Daviais a eu lieu ce jeudi matin.
  • Quelque 700 migrants ont été conduits dans cinq gymnases de la ville, dont Léo-Lagrange.

« Thank you, thank you, mer-ci » Ce jeudi midi, la joie et le soulagement se devinent sur le visage de Mohammed. Comme 700 autres migrants, cet homme d’une cinquantaine d’années, originaire du Soudan, a quitté ce matin le square Daviais et les conditions très précaires dans lesquelles il vivait depuis le mois d’août.

Au gymnase Léo-Lagrange, l’un des cinq lieux réquisitionnés par la mairie pour accueillir ces occupants, il a pu s’allonger sur un lit (de camp), déplier son duvet, et boire un café. « C’est une très bonne nouvelle, ici c’est la belle vie », explique-t-il en anglais. 39 autres hommes sont hébergés sur place, dans de grandes tentes rouges comptant chacune cinq couchages.

Les autres occupants ont été dispatchés dans les gymnases (un peu plus spacieux) des quartiers Hauts-Pavés (Joël Paon), Grand-Blottereau (Lebel), Nantes nord (La géraudière) et Ile de Nantes (Emile-Morice). Équipés de sanitaires, ces lieux « offriront des conditions un peu plus dignes », indique Jean-Christophe Bertrand, directeur départemental de la sécurité publique. A Léo-Lagrange, par exemple, six douches sont disponibles. Un kit d’hygiène a été distribué à chacun des migrants, garni d’un tube de dentifrice, un peigne, un rasoir, ou encore un paquet de mouchoirs.

« On se sent bien »

Ici règne une ambiance détendue. On se sourit, on installe ses affaires, on parle beaucoup. « Ils se connaissent à peu près tous, explique Eric Vissuzaine, agent de la ville volontaire devenu pour l’occasion directeur du centre. Il n’y a pas eu de groupes imposés, donc ceux qui le souhaitaient ont pu monter ensemble dans l’un des bus. » A leur arrivée, certains ont pu passer sur place des examens médicaux.

A midi, les premiers paniers-repas ont été distribués, sur présentation d’une carte qui a été remise à chacun des occupants. Celle-ci leur servira aussi à entrer et sortir du centre, surveillé par deux agents de sécurité 24h sur 24. « On se sent bien, en sécurité ici. Ça change de la pluie, de la boue, et des problèmes du square, reconnaît Abdoulatif. On ne sait pas combien de temps on va être logés ici, mais au moment où je vous parle, tout va pour le mieux. »

Ce midi, Johanna Rolland, la maire (PS) de Nantes a confirmé que cet hébergement serait temporaire, et pourrait durer jusqu’à début octobre maximum, avant d’autres solutions plus durables.

En attendant, les activités sportives des clubs résidents ou des scolaires sont, évidemment, suspendues dans les gymnases concernés.