Nantes: Le square Daviais sera évacué, les migrants seront hébergés dans un lieu tenu secret

IMMIGRATION Le tribunal administratif a ordonné l'expulsion des migrants. Mais la ville s'est engagé à les mettre à l'abri dans un délai très bref...

Frédéric Brenon

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Le bidonville du square Daviais, en centre-ville de Nantes.
Le bidonville du square Daviais, en centre-ville de Nantes. — S.Salom-Gomis/Sipa
  • Plus de 500 migrants, originaires pour la plupart d'Erythrée et du Soudan, vivent dans des tentes installées au square Daviais, en centre-ville de Nantes.
  • Le tribunal administratif a autorisé ce mercredi l'expulsion du square dans les 48h.
  • La ville a fait savoir qu'elle avait trouvé une solution pour les migrants.

Le square Daviais et les quelque 500 migrants qui y vivent sous des tentes depuis plusieurs semaines devront être évacués dans les 48 heures. C’est ce qu’a ordonné ce mercredi midi le tribunal administratif de Nantes, en réponse à une demande d'expulsion formulée par la ville de Nantes.

Si le recours aux forces de l’ordre est sollicité, l’expulsion ne devrait toutefois pas ressembler aux précédentes. Pendant l’audience, les avocats de la mairie de Nantes ont en effet fait savoir qu’une « solution » avait été trouvée pour l’hébergement des occupants de Daviais. Ceux-ci devraient être transférés dans les plus brefs délais dans un lieu provisoire couvert, équipé de douches et sanitaires. Des bus pourraient être affrétés pour le déplacement.

« La ville n’a pas souhaité communiquer ni le lieu, ni les modalités, afin d’assurer la réussite de l’opération. Elle craint un appel d’air », explique Stéphanie Rodrigues-Demesas, avocate de plusieurs associations ayant assigné les autorités en justice.

« On espérait cette issue sans trop y croire »

Le tribunal administratif ordonne aussi à la préfecture, à l’Office français de l’immigration et de l’intégration d’accompagner cette mise à l’abri. Les services de l’Etat, ainsi que la ville de Nantes, devront prendre à leur charge des équipements d’hygiène et la délivrance de deux repas quotidiens. Les ordonnances seront officiellement notifiées en fin d’après-midi.

« C’est une excellente nouvelle, se réjouit Stéphanie Rodrigues-Devesas. La mise à l’abri était notre objectif principal. On espérait cette issue sans trop y croire. Si tout se passe bien, ce serait une sortie de crise par le haut pour la ville. On regrette tout de même l’absence de concertation avec les associations présentes sur le terrain. On n’oublie pas non plus qu’il a fallu déposer une requête pour en arriver là. »