Aéroport de Nantes: La révision du plan de gêne sonore n'emballe pas les maires

AEROPORT La première version du plan de protection acoustique des habitants inquiète fortement les maires des communes riveraines de Nantes-Atlantique…

F.B.

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L'aéroport Nantes-Atlantique. (Illustration)
L'aéroport Nantes-Atlantique. (Illustration) — L.Venance/AFP
  • Une première version du nouveau plan de gêne sonore vient d’être finalisée.
  • Des maires de communes riveraines de l’aéroport le jugent encore bien trop petit. Le nouveau PGS protégerait en effet qu’un total 6.351 habitants.

C’était l’une des conséquences du maintien de l’aéroport sur son site actuel de Nantes-Atlantique: l’Etat s’était engagé à réviser le Plan de gêne sonore (PGS), qui permet d’accorder des subventions pour les travaux d’isolation phonique des habitations, et à publier une nouvelle copie début 2019. L’ancien plan, qui datait de 2003, était en effet basé sur des prévisions de trafic périmées.

Une première version du nouveau plan vient d’être finalisée et a été présentée cette semaine aux élus des communes les plus exposées aux nuisances aériennes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne les satisfait pas du tout.

Un périmètre jugé bien trop petit

Un peu plus large qu’avant, le nouveau PGS protégerait en effet un total 6.351 habitants sur les communes de Bouguenais, Saint-Aignan-de-Grandlieu et Rezé. Mais il est jugé encore bien trop petit. « Il découle de l’analyse de ce rapport une vive déception et le sentiment que les enjeux devant guider la protection des riverains n’ont pas été pleinement saisis en dépit de mon insistance à les rappeler », se désole Jean-Claude Lemasson, maire de Saint-Aignan-de-Grandlieu.

« Le nouveau PGS étend sa surface de 20 % ce qui pourrait laisser croire à une évolution du trafic et des nuisances de même niveau en 15 ans [l’actuel PGS date de 2003]. Or, le trafic est passé de 33.000 vols commerciaux à plus de 60.000, soit une hausse de 80 %. »

Des hypothèses de trafic largement sous-évaluées ?

Le maire aignanais s’inquiète aussi des conditions d’éligibilité qui évolueraient peu. « Le plafonnement des travaux d’isolation phonique reste un frein à leur réalisation. Les plus démunis ne pourront toujours pas protéger leur sommeil. »

Jean-Claude Lemasson pointe du doigt des hypothèses de trafic qu’il juge largement sous-évaluées. « Dans le rapport, l’hypothèse de trafic est de 6,3 millions de passagers en 2020, en se basant sur une hausse de 8 % en 2018, 4,5 % en 2019 et 2,9 % en 2020. La réalité est toute autre : évolution de 15 % en 2017 et de l’ordre de 15 % en 2018 (sur la base des chiffres connus à fin juillet). Il en est de même pour le nombre de vols commerciaux projeté en 2020 à 57.200. Or, sur ces douze derniers mois, on atteint déjà les 57.000 vols commerciaux. »

« Une très mauvaise plaisanterie »

« Ce plan est une provocation. Où sont les compensations exemplaires promises par le Premier ministre ? La communication se fracasse sur la réalité des faits », s’indigne l’association Des Ailes pour l’Ouest. Le maire de Rezé, lui aussi, ne décolère pas.

« On nous a promis une protection renforcée pour les habitants après l’arrêt de Notre-Dame-des-Landes, et on ose nous présenter ce projet qui est une très mauvaise plaisanterie, cingle Gérard Allard, interrogé par Presse Océan. Cet été, on a reçu des dizaines de courriers d’habitants se plaignant de l’augmentation du trafic et de la gêne sonore occasionnée. Si les autorités considèrent que c’est ainsi que l’on va rassurer la population sur le réaménagement de Nantes-Atlantique, alors elles vont droit dans le mur. »

Outre, un nouveau Plan de gêne sonore, un nouveau Plan d’exposition au bruit (PEB), qui interdit des constructions dans secteurs trop exposés au bruit aérien, doit entrer en vigueur d’ici à septembre 2020