Jeune tué par un policier à Nantes : Trois interpellations lors d’une troisième nuit de violences

VIOLENCES URBAINES Jeudi, le fonctionnaire impliqué dans l'incident a été placé en garde à vue...

P. B et R. G.-V. avec AFP

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Un policier intervient sur des incendies de voitures à Nantes dans la nuit du jeudi 5 juillet au vendredi 6 juillet 2018.
Un policier intervient sur des incendies de voitures à Nantes dans la nuit du jeudi 5 juillet au vendredi 6 juillet 2018. — E.Delord/AFP

La colère ne retombe pas. De nouvelles violences étaient en cours dans la nuit de jeudi à vendredi à Nantes pour la troisième nuit consécutive, après la mort mardi soir d’un jeune tué par le tir d’un policier. Trois personnes ont été interpellées. Aussi, un lycée et une station-service ont fait l’objet d’une tentative d’incendie à la Bottière. Une cinquantaine de voitures ont été brulées, dont une dizaine dans le quartier de Bellevue, ont constaté des journalistes de l’AFP. Il n’y a néanmoins pas eu d’affrontement entre les policiers et les manifestants et aucun blessé n’était à déplorer.

« Pas loin de 10 véhicules » étaient touchés par un incendie vers 00h30, selon une source policière, qui a fait état de « groupes mobiles de 20 à 30 personnes cagoulées » dans le quartier. Un mineur de 14 ans a été interpellé en possession d’un bidon d’essence et de mèches dans le quartier du Clos-Toreau, a indiqué la source policière à l’AFP, précisant qu’il avait été placé en garde à vue.

Le policier en garde à vue

En début de soirée, un millier de personnes avaient participé à une marche blanche dans le quartier du Breil à Nantes pour réclamer « vérité » et « justice pour Abou », la victime âgée de 22 ans. Des habitants de ce quartier s’étaient regroupés dès 18H00 devant le 68, rue des Plantes, où se sont déroulés les faits. « Bavure !!!!» et « Police tue » ont été inscrits sur le muret où la voiture conduite par le jeune homme s’est encastrée après que le conducteur eut été touché par le tir.

Le policier a été placé en garde à vue jeudi à 12H40 par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) « du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner », a annoncé jeudi dans un communiqué le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès. « Ce n’est qu’à l’issue de cette mesure de garde à vue que le procureur de la République de Nantes sera en mesure de faire connaître sa décision sur les suites à réserver à cette affaire », est-il précisé.

Quelques heures après le drame, la police nationale assurait que le policier avait tiré en état de légitime défense et qu’un autre fonctionnaire avait été blessé, percuté par la voiture que conduisait le jeune homme en marche arrière alors qu’il tentait de prendre la fuite. Une version contestée par des habitants du quartier qui affirment avoir assisté à la scène.

Philippe exige « la plus grande transparence »

En visite jeudi à Nantes, le Premier ministre Édouard Philippe a exigé « la plus grande transparence » sur les circonstances de la mort du jeune homme. Il a également exprimé sa « condamnation la plus ferme » des violences commises. Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a lui assuré depuis Marseille que le gouvernement ferait « tout pour apaiser la situation ».

Dans la nuit de mercredi à jeudi, plus d’une quarantaine de véhicules ont été incendiés dans les quartiers dits « sensibles » de Nantes : le Breil, Bellevue, les Dervallières et Malakoff. Sept bâtiments publics et une dizaine de commerces ont aussi été incendiés. La préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein, s’est rendue jeudi soir dans les quartiers du Breil et des Dervallières pour apporter son soutien aux forces de l’ordre. « Je comprends le chagrin, mais je ne comprends pas la destruction des biens publics », a-t-elle déclaré à la presse.