Faut-il supprimer les vols de nuit à l'aéroport Nantes-Atlantique?

ENVIRONNEMENT Excédés par le bruit et la hausse du trafic, les riverains réclament la fin des vols nocturnes à Nantes-Atlantique. Johanna Rolland n'est pas pour...

Frédéric Brenon

— 

Un avion survole Saint-Aignan-de-Grandlieu pour se poser sur la piste de l'aéroport Nantes-Atlantique.
Un avion survole Saint-Aignan-de-Grandlieu pour se poser sur la piste de l'aéroport Nantes-Atlantique. — Fabrice Elsner/20MINUTES

Depuis l’abandon du transfert à Notre-Dame-des-Landes, l’interdiction des vols de nuit est devenue une demande récurrente des riverains de l’aéroport Nantes-Atlantique. Une doléance exacerbée par la forte croissance du trafic. « C’est de pire en pire. Certains avions réveillent mes enfants jusqu’à plus de minuit », se désole Stéphanie, une habitante du quartier des Couëts à Bouguenais. « En hiver ça va mais avec les beaux jours ça devient intenable. Quand il fait chaud, il est, par exemple, impossible de dormir la fenêtre ouverte », confirme Jean-Jacques, Bouguenaisien lui aussi.

Effectivement, selon les données de l’Etat, 2.376 vols ont été enregistrés entre 23 h et 6h en 2017. Soit une hausse de 3 % en un an et de 20 % en cinq ans ! Il s’agit principalement d’atterrissages qui se concentrent en mai, juin, juillet, août et septembre. Les tranches 23h-minuit et 5h-6h sont les plus sollicitées mais près de 700 avions ont tout de même survolé l’agglomération nantaise entre 1h et 5h du matin l’an passé.

Un couvre-feu limité aux avions les plus bruyants ?

La mise en place d’un plan de protection du bruit dans l’environnement (PPBE), annoncée par l’Etat pour mi-2019, devrait aboutir à des mesures contraignantes. « Mais on ne sait pas exactement ce que prévoit l’Etat », regrette Jean-Claude Lemasson, maire de Saint-Aignan-de-Grandlieu, l’une des communes les plus exposées aux nuisances. Il craint que l’interdiction se limite aux modèles d’avions les plus bruyants, sur une tranche horaire réduite. Il milite pour un couvre-feu plus strict, entre 22h30 et 6h.

« La nuit, tous les avions survolant à basse altitude les habitations sont ressentis comme bruyants. Il y a une attente forte de la population qui est légitimement inquiète », confirme Dominique Boschet, président de l'association contre le survol de l'agglomération nantaise (Acsan), qui reconnaît aussi qu’agir sur la nuit « pose la question des conséquences sur les nuisances en journée ».

« Les habitants ont aussi besoin d’emplois »

La présidente de Nantes Métropole​ est, de son côté, opposée à l’interdiction des vols nocturnes. Johanna Rolland plaide plutôt pour une « limitation » afin de ne pas freiner le développement économique du territoire. « Les habitants ont besoin de protection mais aussi d’emplois, justifie la maire de Nantes. Et je ne connais aucune politique d’emploi qui ne passe pas par le développement économique. » Elle préconise une indemnisation à 100 % des travaux d’insonorisation des logements situés dans le nouveau plan de gêne sonore prévu, lui aussi, pour 2019.

« Un compromis délicat à trouver »

« Elle défend l’attractivité du territoire », analyse Jean-Claude Lemasson, convaincu que « la protection des riverains doit être la condition sine qua non au réaménagement de Nantes-Atlantique. » « Faisons attention à ne pas être trop vite pour ou contre, tempère Philippe Grosvalet, président du conseil départemental de Loire-Atlantique. Il faut tenir compte des enseignements du dossier Notre-Dame-des-Landes. Entre protection des habitants, préservation de l’environnement et soutien à l’économie, c’est un compromis extrêmement délicat qu’il faudra trouver. »