Nantes: Bathô transforme des épaves de voiliers en hébergement insolite sur la terre ferme

RENOVATION L’entreprise rezéenne offre une seconde vie aux voiliers destinés à la décharge en les transformant en hébergement insolite sur la terre ferme…

Quentin Burban

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Un sangria 1969 retapé par l'entreprise Bathô.
Un sangria 1969 retapé par l'entreprise Bathô. — DR
  • Bathô est une société rezéenne créée en octobre spécialisée dans la rénovation d’anciens bateaux inaptes à la navigation.
  • Il faut environ deux mois à l’entreprise pour faire d’une coquille vide, un hébergement insolite sur la terre ferme.
  • Le recyclage des bateaux est un véritable casse-tête car le polyester, composant principale des coques, est non recyclable.

Alors que le recyclage des bateaux est un véritable casse-tête, Bathô, chantier naval rézéen né en octobre, s’est lancé dans la rénovation des voiliers inaptes à la navigation. La start-up est la première en France à transformer des voiliers en hébergement insolite sur la terre ferme.

L’entreprise rachète l’épave pour 1 € symbolique à son propriétaire. Deux mois plus tard, la société est en capacité de le revendre à des particuliers ou des professionnels du tourisme pour un prix variant entre « 12 000 et 18 000 euros selon la taille, la présence d'une terrasse ou non et les frais de livraison », explique Mathis Texereau, salarié de l’entreprise. 

Deux mois de travaux

Un travail conséquent qui fait appel à plusieurs domaines professionnels. « Nous devons couper la quille du bateau, faire de nombreuses rénovations et aménagements, construire un support stable sur la terre ferme au bateau qu’on appelle un ber et on fait les installations électriques et d’eau, développe Mathis. Ensuite, selon les demandes, nous fabriquons une terrasse de 12 m². »

L'intérieur du Calife 1970.
L'intérieur du Calife 1970. - DR

Mais laisser partir son bateau est parfois difficile pour les particuliers. « Cela coûte entre 1.500 et 3.000 euros pour le détruire soit par incinération ou mise en décharge. En plus du prix, cela a un fort impact sur l’environnement puisque le polyester, composant principal des coques de bateaux, n'est pas recyclable, poursuit Mathis. Il y a donc de plus en plus d'embarcations laissées pour compte dans les ports à cause de cela. Voilà pourquoi, de nombreuses personnes conservent leur bateau chez eux car ils y sont très attachés. »

Un des bateaux actuellement en cours de rénovation chez Bathô.
Un des bateaux actuellement en cours de rénovation chez Bathô. - Quentin Burban / 20 Minutes

L'hébergement insolite a une durée de vie renouvelable entre cinq et sept ans. « Comme tout matériel de plein air, l’hébergement doit faire face aux éléments extérieurs d’autant plus quand la structure du bateau a déjà plus de 40 ans d’ancienneté. »

Les campings et gîtes comme cibles prioritaires

Bathô s’adresse principalement à des gîtes, des campings et dans un second temps aux particuliers et collectivités ayant un projet de Tourisme durable. « De nombreux campings et gîtes recherchent des hébergements insolites, explique Mathis. Pour les particuliers, ils peuvent en faire une chambre, un bureau, une salle de jeu. »

Le Calife 1970 retapé vu de la terrasse.
Le Calife 1970 retapé vu de la terrasse. - DR

S’ouvrir à la France entière

En multipliant les cibles, l'entreprise souhaite souhaite se développer à l’échelle nationale. « L’an prochain, nous voulons retaper 20 bateaux. Cela nécessitera d’avoir de nouveaux salariés et de nouveaux locaux. Nous avons obtenu des partenariats avec la région Pays de la Loire et nous somme en discussion avec la région Bretagne. Nous espérons continuer sur cette lancée. Peut-être que nous allons également être amenés à offrir notre propre système de location de nos hébergements insolites », conclut-il.