Notre-Dame-des-Landes: Des acteurs et cinéastes appellent à défendre la ZAD

CULTURE Adèle Haenel, Ari Kaurismäki ou encore Philippe Garrel ont signé une tribune invitant à filmer et défendre ce «territoire qui bat et qui se bat »...

F.B.

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Une manifestante offre une fleur à un gendarme mobile au cœur de la ZAD.
Une manifestante offre une fleur à un gendarme mobile au cœur de la ZAD. — F.Tanneau/AFP

La seconde phase d’expulsions lancée sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes ne laisse pas indifférentes les personnalités engagées du monde du cinéma. Même en plein festival de Cannes. Pour preuve, 250 comédiens et cinéastes viennent de publier une tribune dans le journal Le Monde dans laquelle ils appellent à « défendre la ZAD » et son « idée de l’expérimentation ».

Parmi les signataires, on retrouve Ari Kaurismäki, Philippe Garrel, Adèle Haenel ou encore Ester Garrel. Un texte qui fait suite à la diffusion d’un court-métrage évoquant la ZAD, intitulé Vent d’Ouest, attribué à tort à Jean-Luc Godard. Parmi les signataires, on retrouve Ari Kaurismäki, Philippe Garrel ou encore Adèle Haenel.

« L’Etat s’acharne à détruire des expériences communes »

« Si ce film est un faux de Godard, la vérité c’est que nous y avons entendu un appel. La vérité, c’est qu’il y a des expulsions à Notre-Dame-des-Landes, c’est que des personnes qui luttent auront leurs maisons détruites. Des personnes qui se sont battues, des années durant, contre les aménageurs, un aéroport et leur monde, et qui ont gagné. La
vérité, c’est que l’Etat s’acharne à détruire des expériences communes, des tentatives d’organisations qui s’inventent encore et toujours, une nature qui se défend et les vies multiples qui l’habitent. Et nous prenons position, en tant que cinéastes. »

« Défendre ce territoire qui bat et se bat »

« Nous sommes au mois de mai 2018, poursuit le texte. Cinquante ans après, on commémore Mai 68. Et de commémorations en commémorations, on paralyse l’action en la muséifiant. On ignore les réfugiés et réfugiées, les cheminots et cheminotes, les étudiants et étudiantes, les postiers et postières, le personnel médical et la répression quotidienne dans les banlieues. Lors de sa conférence de presse à Cannes, Godard a établi une continuité dans ces forces de révolte, entre Mai 68 et les zadistes aujourd’hui. Alors, soyons présents et agissons avec nos mains, positionnons-nous avec nos yeux, regardons avec nos pieds et imaginons mille manières de vivre. »

« Nous, cinéastes, appelons donc à "mordre", c’est-à-dire à filmer et à défendre ce territoire qui bat et se bat. Car défendre la ZAD lorsque l’on fait du cinéma, c’est défendre une idée de l’expérimentation, c’est défendre un lieu réel qui lutte pour construire des imaginaires, d’autres imaginaires, pour dessiller le regard et supprimer l’agonie. »

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