Notre-Dame-des-Landes: Reprise probable des expulsions jeudi matin

ZAD Les gendarmes mobiles devraient reprendre jeudi leurs opérations de démantèlement sur la ZAD....

Frédéric Brenon

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Des gendarmes mobiles sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
Des gendarmes mobiles sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. — S.Salom-Gomis/Sipa
  • Une trentaine de squats, sur les 97 lieux de vie recensés sur la ZAD, avaient été détruits entre le 9 et le 12 avril.
  • De nouveaux squats seront visés par les gendarmes à partir de jeudi.
  • Les occupants de la ZAD appellent déjà à se mobiliser.

Trois semaines après avoir décrété une trêve des expulsions sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement s’apprête à repasser à l’offensive. Selon plusieurs sources au sein des services de l’Etat, les opérations de gendarmerie devraient reprendre jeudi matin sur l’ex-future zone aéroportuaire. Après avoir démoli, entre le 9 avril et le 12 avril, 29 squats sur les 97 recensés, l’objectif sera de démanteler de nouveaux habitats illégaux.

Seront principalement visés ceux occupés par des membres de la ZAD n’ayant pas déposé de projet nominatif en vue d’une régularisation de leur situation. L’opération aura également pour but de reprendre la main sur les deux principales routes traversant la ZAD, régulièrement obstruées par des chicanes depuis un mois.

Appel à venir défendre les lieux de vie

Les zadistes n’ignorent rien de la menace qui se précise. Ils ont lancé ces dernières heures plusieurs appels sur les réseaux sociaux visant à venir défendre la ZAD et ses lieux de vie. Un appel à manifester samedi à Nantes a déjà été lancé. Un rassemblement au cœur, dimanche, à 11h, est également prévu afin de reconstruire les lieux détruits.

Les 200 à 300 zadistes habituellement présents sur la zone ont été renforcés ces dernières semaines par plusieurs dizaines de nouveaux venus.

Depuis l’arrivée massive des gendarmes, le 9 avril, seule une poignée de zadistes a réellement été expulsée, sur décisions de justice. Ceux dont les habitats ont été détruits vivent, pour la plupart, toujours sur la zone.

Pas encore de signatures de convention

La semaine dernière, 15 projets agricoles (élevage, maraîchage, pépinières, brasserie, boulangerie, miellerie), sur les 29 déposés par les zadistes, ont été validés par les services de l'Etat. Les conventions d’occupation précaire, qui permettraient de régulariser les activités, n’ont pas été signées mercredi car les deux parties doivent encore vérifier des éléments techniques et juridiques.

Une dizaine de projets artisanaux ont également été déposés par les zadistes. Ils seront étudiés par l’Etat dans un second temps.

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