Nantes: On a goûté le premier chocolat 100% nantais

MIAM Pour la première fois en 40 ans, le cacaotier du parc du Grand Blottereau a fait des fèves...

Julie Urbach
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A Nantes, Ivan Schiavon a fabriqué du chocolat grâce à l’arbre du Grand Blottereau.
A Nantes, Ivan Schiavon a fabriqué du chocolat grâce à l’arbre du Grand Blottereau. — J. Urbach/ 20 Minutes
  • L'an dernier, 500g de fèves ont été récoltées sur l'arbre à chocolat de la serre tropicale du parc du Grand Blottereau.
  • Le premier chocolat nantais a été fabriqué cette semaine (mais il y en a déjà plus).

Il est très fort en bouche, presque âpre. Ne croque pas vraiment sous la dent mais laisse un arrière-goût aux notes végétales, plutôt agréable. Mardi, du chocolat 100 % nantais a été fabriqué. Si son goût n’est pas exceptionnel, son histoire l’est un peu plus : alors que la ville compte de nombreux artisans chocolatiers, c’est la première fois que du cacao a pu être récolté puis valorisé, dans la cité des ducs.

Depuis 40 ans, il y a pourtant bel et bien un cacaotier à Nantes. A l’abri dans la serre tropicale du parc du Grand Blottereau, l’arbre n’avait cependant jamais daigné produire un seul fruit. « Jusqu’à l’an dernier, où nous avons eu une récolte exceptionnelle, se souvient Jean-Christophe Ribes, le responsable des serres. Nous n’avons rien fait de particulier pour déclencher la floraison. L’arbre a probablement juste commencé à se plaire. »

Une toute petite quantité

Une quinzaine de cabosses ont été ramassées, desquelles ont été extraites quelque 500g de fèves fraîches. Il a fallu ensuite organiser la phase de fermentation, puis de séchage au soleil, ce qui a pris deux petites semaines. C’est Ivan Schiavon, le gérant de la boutique nantaise Choc’hola, qui a ensuite supervisé les opérations de torréfaction et de broyage.

« Quand on m’a apporté les fèves, j’étais très stressé car il ne fallait surtout rien gâcher, raconte ce Mexicain, qui transforme d’habitude des fèves de cacao d’Haïti ou du Mexique, de façon traditionnelle. C’est vraiment extraordinaire d’avoir réussi cette culture nantaise. Même si les cabosses sont plus petites que celles des arbres mexicains, on obtient de très bons arômes. »

Malheureusement, les Nantais ne pourront pas goûter à cette nouvelle spécialité locale, faite à base de cacao (donc) et de sucre complet : seulement 250 grammes de chocolat ont été fabriqués, et il y en a déjà plus ! Et si une deuxième récolte (qui semble un peu plus abondante) est en cours, la production restera anecdotique. « On a fait ça pour le fun, assure Jean-Christophe Ribes. On ne l’espère pas mais peut-être que le cacaotier arrêtera de donner des fruits, de la même façon qu’il a commencé à le faire. »